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<!--Generated by Squarespace Site Server v5.0.0 (http://www.squarespace.com/) on Fri, 05 Dec 2008 15:33:56 GMT--><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"><title>Prédication dominicale du 222</title><subtitle>Prédications au 222</subtitle><id>http://www.le222.org/predications-du-222/</id><link rel="alternate" type="application/xhtml+xml" href="http://www.le222.org/predications-du-222/"/><link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.le222.org/predications-du-222/atom.xml"/><updated>2008-11-05T06:33:22Z</updated><generator uri="http://www.squarespace.com/" version="Squarespace Site Server v5.0.0 (http://www.squarespace.com/)">Squarespace</generator><entry><title>Dimanche 26 octobre 2008 - 30ème dimanche T.O.A - Prédication du fr. Philippe Verdin</title><id>http://www.le222.org/predications-du-222/2008/11/5/dimanche-26-octobre-2008-30eme-dimanche-toa-predication-du-f.html</id><link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.le222.org/predications-du-222/2008/11/5/dimanche-26-octobre-2008-30eme-dimanche-toa-predication-du-f.html"/><author><name>Thierry-Marie</name></author><published>2008-11-05T06:26:39Z</published><updated>2008-11-05T06:26:39Z</updated><content type="html" xml:lang="fr-FR"><![CDATA[<p style="text-indent: 35.4pt; text-align: justify;"><strong><span>Tu aimeras ton prochain</span></strong></p>
<p style="text-indent: 35.4pt; text-align: justify;">Les Pharisiens, les Sadduc&eacute;ens, les Samaritains, les Ess&eacute;niens... On s&rsquo;y perd un peu. Gr&acirc;ce &agrave; la surabondance d&rsquo;information, nous serions en ce moment incollables sur l&rsquo;&eacute;l&eacute;phant r&eacute;publicain et l&rsquo;&acirc;ne d&eacute;mocrate, aux Etats-Unis. Mais en ce qui concerne les courants politico-religieux du temps de J&eacute;sus, c&rsquo;est plut&ocirc;t flou...</p>
<p style="text-indent: 35.4pt; text-align: justify;">Faisons le point: <em>grosso modo</em>, les Sadduc&eacute;ens sont des fondamentalistes. Ils n&rsquo;acceptent que les livres de la torah. Ils rejettent les ajouts post&eacute;rieurs. Il n&rsquo;y a pas de r&eacute;surrection, parce que la Torah n&rsquo;en parle pas. Le livre de Daniel, le livre de la Sagesse peut affirmer que l&rsquo;homme, en son &acirc;me et en son corps seront sauv&eacute;s, les Sadduc&eacute;ens ne veulent rien entendre. Pour eux, la doctrine c&rsquo;est: &laquo;Toute la loi, rien que la loi.&raquo; Avec les Pharisiens, c&rsquo;est le contraire. Comme si la Parole de Dieu ne suffisait pas pour vivre heureux et libres, les Pharisiens ajoutent 613 r&egrave;gles: 248 pr&eacute;ceptes qui rel&egrave;vent du: &laquo;il faut&raquo; et 365 interdits qui rel&egrave;vent du: &laquo;il ne faut pas&raquo;. Certaines de ces r&egrave;gles sont grotesques. J&eacute;sus les raille au passage, avec f&eacute;rocit&eacute;: &laquo;Malheur &agrave; vous, Pharisiens hypocrites, qui acquittez la d&icirc;me sur le fenouil mais qui n&eacute;gligez les points les plus importants de la loi: la mis&eacute;ricorde, la justice et la v&eacute;rit&eacute;. Vous &ecirc;tes des guides aveugles. Vous arr&ecirc;tez au filtre le moustique mais vous engloutissez le chameau!&raquo;</p>
<p style="text-indent: 35.4pt; text-align: justify;">Si les Sadduc&eacute;ens ressemblent aux fondamentalistes, les pharisiens ressemblent aux int&eacute;gristes, qui consid&egrave;rent comme essentiels les coups de clochettes et le nombre r&eacute;glementaire de g&eacute;nuflexions.</p>
<p style="text-indent: 35.4pt; text-align: justify;">Finalement, J&eacute;sus renvoie dos-&agrave;-dos les uns et les autres. Il n&rsquo;a que faire de ces fariboles pour casuistes et des ces d&eacute;bats tatillons de sp&eacute;cialistes. &laquo;Le monde br&ucirc;le&raquo; dit Th&eacute;r&egrave;se d&rsquo;Avila. Le monde br&ucirc;le, et pendant ce temps les experts continuent &agrave; pol&eacute;miquer sur les d&eacute;tails. On se croirait au d&eacute;but de l&rsquo; <em>l&rsquo;Etoile myst&eacute;rieuse</em> de Tintin. Une &eacute;norme boule de feu va percuter la terre... Tintin et Milou sont terrifi&eacute;s par la fin du monde imminente. Mais les astrophysiciens, imperturbablement, discutent &agrave; propos de l&rsquo;heure de la d&eacute;flagration! Dans l&rsquo;Evangile que nous entendons aujourd&rsquo;hui, le Seigneur est l&agrave; au milieu des casuistes. Ceux qui ont la chance inou&iuml;e de le voir et de l&rsquo;entendre, au lieu de boire ses paroles et d&rsquo;adorer son visage, lui posent des devinettes pour tenter de le coincer!</p>
<p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">Or J&eacute;sus, au milieu de ces sournois born&eacute;s, apporte un v&eacute;rit&eacute; simple, extraordinairement neuve et pourtant contenue depuis toujours dans l&rsquo;enseignement de la torah, une r&egrave;gle de vie qui concerne tous les aspects de l&rsquo;existence, et qui concerne tous les hommes: &laquo;Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton c&oelig;ur.Le deuxi&egrave;me commandement lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-m&ecirc;me.&raquo; J&eacute;sus n&rsquo;invente pas ce commandement: il est d&eacute;j&agrave; inscrit clairement dans le <em>L&eacute;vitique</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;"> </span></p>
<p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">Qu&rsquo;elle est l&rsquo;originalit&eacute; de J&eacute;sus alors, dans cette affaire? En quoi avons-nous affaire &agrave; un <span style="text-decoration: underline;">nouveau</span> Testament? Eh bien d&rsquo;abord J&eacute;sus d&eacute;gage le deuxi&egrave;me commandement d&rsquo;un fatras de pr&eacute;ceptes du <em>L&eacute;vitique </em>sur le culte, la sexualit&eacute;, les rites, les usages, les purifications, les relations diplomatiques, la maladie, le temps, l&rsquo;agriculture et la cuisine... J&eacute;sus hisse un petit verset, noy&eacute; dans la logorrh&eacute;e de recommandations pour un peuple nomade, au rang de commandement qui r&eacute;sume toute la Loi et les proph&egrave;tes. J&eacute;sus nous rappelle, comme dirait Michel Berger, qu&rsquo;&laquo;il n&rsquo;y a vraiment que l&rsquo;amour qui vaille la peine&raquo;. Ou comme dirait Vincent de Paul: &laquo;Nous serons jug&eacute;s sur l&rsquo;amour&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">Aimer Dieu, ce n&rsquo;est pas tr&egrave;s difficile. Dieu n&rsquo;est pas un enquiquineur. Dieu est discret. Dieu ne s&rsquo;impose pas. Aimer son prochain, c&rsquo;est autre chose. Le voisin qui fait du bruit avec sa perceuse &agrave; 3 heures du matin tous les dimanches, la voisine pipelette, le percepteur qui nous prend nos sous, la belle-fille qui m&eacute;dit, le coll&egrave;gue de bureau planqu&eacute; qui reporte tout son travail sur nous, voil&agrave; aussi ceux qu&rsquo;il faut aimer. Quel d&eacute;fi! D&eacute;cid&eacute;ment, J&eacute;sus met la barre tr&egrave;s haut. J&eacute;sus a le g&eacute;nie de lier l&rsquo;amour de Dieu &agrave; l&rsquo;amour du prochain. Saint Jean enfonce le clou: &laquo;Si quelqu&rsquo;un dit: &laquo;J&rsquo;aime Dieu&raquo; et qu&rsquo;il d&eacute;teste son fr&egrave;re, c&rsquo;est un menteur! Oui, c&rsquo;est bien cela le commandement nouveau que le Seigneur nous a donn&eacute;: &laquo;que celui qui aime Dieu aime aussi son fr&egrave;re&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">Les fortes t&ecirc;tes, les esprits &eacute;clair&eacute;s, les goguenards qui feuillettent la Bible avec d&eacute;sinvolture, les malins lib&eacute;r&eacute;s du poids de 2000 ans de morale chr&eacute;tienne, tous ricanent en entendant ce commandement de l&rsquo;amour. Je pense au triste Michel Onfray. Il &eacute;crit: &laquo;Pour les chr&eacute;tiens, le prochain n&rsquo;est qu&rsquo;un &eacute;piph&eacute;nom&egrave;ne d&rsquo;une &eacute;go&iuml;ste relation &agrave; Dieu: il faut aimer son prochain juste pour plaire &agrave; Dieu.&raquo; Voil&agrave; comment Michel Onfray voit l&rsquo;amour chr&eacute;tien: le prochain n&rsquo;est pas int&eacute;ressant ou aimable en lui-m&ecirc;me: on aime son prochain parce que Dieu nous le commande. On s&rsquo;efforce de sourire au voisin de bus qui a mauvaise haleine, on donne une pi&egrave;ce au clochard poivrot qui vous insulte, on invite &agrave; sa table l&rsquo;oncle indigne, parce que Dieu nous attribuera un bon point. Il faut entendre cette critique. Aimons-nous notre prochain parce que c&rsquo;est obligatoire, ou aimons-nous notre prochain comme nous-m&ecirc;mes?</p>
<p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">Confessons honn&ecirc;tement qu&rsquo;il est presque impossible d&rsquo;aimer son prochain comme soi-m&ecirc;me. D&rsquo;o&ugrave; peut na&icirc;tre la sympathie avec ces gens qui vivent autour de nous et qui ne sont pas notre genre?</p>
<p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">A moins... A moins que le Seigneur, en s&rsquo;emparant de notre c&oelig;ur, nous apprenne &agrave; aimer. A moins que la Gr&acirc;ce change notre regard. A moins que la Gr&acirc;ce transfigure le visage de l&rsquo;autre. A moins que nous d&eacute;couvrions, chez notre prochain, le tr&eacute;sor qu&rsquo;il cache sous sa m&eacute;diocrit&eacute; aga&ccedil;ante.</p>
<p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">C&rsquo;est le Christ qui nous apprend &agrave; aimer. C&rsquo;est l&rsquo;Esprit-Saint qui transforme notre c&oelig;ur. Accueillons l&rsquo;amour de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">Saint Jean de la Croix propose cette m&eacute;taphore: nous sommes comme de vieilles b&ucirc;ches noircies et froides, oubli&eacute;es dans un coin de la souillarde, repaires pour les araign&eacute;es. Le feu de l&rsquo;Esprit toucheune de ces b&ucirc;ches: elle s&rsquo;embrase d&rsquo;un feu p&eacute;tillant, chaud et tendre. Elle communique cette flamme &agrave; la b&ucirc;che qui la touche. Bient&ocirc;t le tas de bois d&eacute;daign&eacute; devient un foyer ardent, autour duquel les hommes se rassemblent, chantent et communient.</p>
<p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">Que l&rsquo;amour de Dieu nous consume et nous serons des disciples. Que l&rsquo;amour de Dieu se communique par nous et nous serons des saints.</p>
<p style="text-align: justify;">Amen!</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>]]></content></entry><entry><title>Dimanche 5 octobre 2008 - 27ème dimanche T.O.A - Prédication du fr. Philippe Verdin</title><id>http://www.le222.org/predications-du-222/2008/10/22/dimanche-5-octobre-2008-27eme-dimanche-toa-predication-du-fr.html</id><link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.le222.org/predications-du-222/2008/10/22/dimanche-5-octobre-2008-27eme-dimanche-toa-predication-du-fr.html"/><author><name>Thierry-Marie</name></author><published>2008-10-22T17:36:26Z</published><updated>2008-10-22T17:36:26Z</updated><content type="html" xml:lang="fr-FR"><![CDATA[<p><strong>Les vignerons homicides</strong></p>
<p>L'Evangile nous invite &agrave; poursuivre notre promenade dans les vignes. C'est une balade commenc&eacute;e il y a trois semaines gr&acirc;ce aux lectures de la liturgie dominicale. C'est la bonne p&eacute;riode pour se balader sur les coteaux. Les feuilles des vignes sont rouges, les raisins sont gorg&eacute;s de soleil: les vendanges battent leur plein.</p>
<p>Je trouve que J&eacute;sus a bon go&ucirc;t en multipliant les paraboles viticoles. La religion chr&eacute;tienne n'est pas la religion des aigris. La religion chr&eacute;tienne c&eacute;l&egrave;bre la bonne ch&egrave;re, elle honore les fruits de la terre, elle go&ucirc;te le bon vin. Vous avez remarqu&eacute; le nombre de sc&egrave;nes &eacute;vang&eacute;liques qui se d&eacute;roule &agrave; table. Et &ccedil;a mange et &ccedil;a boit, &agrave; cana, chez Zach&eacute;e, chez Simon, chez la belle-m&egrave;re de Pierre... Les contemporains ne s'y sont pas tromp&eacute;s: les mesquins ont accus&eacute; J&eacute;sus d'ivrognerie et de gloutonnerie!</p>
<p>La vigne est le signe du Royaume. La vigne est le symbole du chr&eacute;tien: &laquo;Vous, vous &ecirc;tes les sarments!&raquo; nous dit J&eacute;sus. La vigne est pr&eacute;sente d&eacute;s le livre de la Gen&egrave;se. Vous souvenez-vous ce que fit No&eacute; quand il accosta enfin sur la terre ferme, apr&egrave;s 40 jours de d&eacute;luge? La premi&egrave;re chose que fit No&eacute;, ce ne fut pas de baiser la terre, comme Jean-Paul II &agrave; l'arriv&eacute;e d'un voyage. Ce ne fut pas de dresser un autel ou une st&egrave;le comme son p&egrave;re Jacob, en hommage au Dieu de la vie. Ce fut de planter une vigne. Ce qui prouve d'ailleurs que No&eacute; a embarqu&eacute; non seulement des animaux avec leurs puces, mais aussi des plants avec leurs pucerons. C'est une tradition des grands navigateurs, comme La P&eacute;rouse &agrave; bord de <em>l'Astrolabe</em> et le capitaine William Bligh &agrave; bord du <em>Bounty </em>comme le chevalier de Bougainville &agrave; bord de <em>la Boudeuse</em>, comme Kevin Costner dans <em>Waterword</em><em>.</em></p>
<p>Non seulement l'urgence pour No&eacute;, c'est de planter la vigne, mais en plus il s'empresse de r&eacute;colter son vin et de s'enivrer.</p>
<p>Car la vigne est le symbole de l'exc&egrave;s. La vigne est utilis&eacute;e dans le Cantique des cantiques, chez le proph&egrave;te Isa&iuml;e, dans le psaume 79, dans l'Evangile, chez les mystiques pour dire l'exc&egrave;s de Dieu. Dieu est excessif. Il donne &agrave; foison. Il donne m&ecirc;me sa vie pour les hommes. Dieu aime trop les hommes. Et celui qui conna&icirc;t cet amour est enivr&eacute;. Vous vous souvenez des ap&ocirc;tres au matin de la Pentec&ocirc;te: remplis de l'Esprit-Saint ils parlent, ils titubent et ils rigolent comme s'ils avaient bu du vin doux... C'est cette joie, cette all&eacute;gresse qui dit la pr&eacute;sence de Dieu, son amour fou pour nous. C'est ce vin qui est son sang, c'est ce vin qui est la vie. Le pape Beno&icirc;t XVI aime rappeler que la liturgie eucharistique est une f&ecirc;te. Il n'y pas de f&ecirc;te r&eacute;ussie sans un peu d'exceptionnel, sans un peu d'extraordinaire et sans un peu d'exc&egrave;s.</p>
<p>Le terrible paradoxe de l'Evangile, c'est que la vigne n'est plus aujourd'hui le symbole de la joie, mais le symbole de la tristesse, de la peine, de l'injustice, de l'incompr&eacute;hensible. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les vignerons homicides n'ont pas le vin gai.</p>
<p>Le livre d'Isa&iuml;e nous donne des clefs pour comprendre cette parabole dramatique. La vigne, c'est la maison d'Isra&euml;l. Le ma&icirc;tre, c'est Dieu. Le fils, c'est le Seigneur-J&eacute;sus. Mais qui sont les vignerons homicides? Une lecture maladroite induit que se sont les juifs du temps de J&eacute;sus. Ce serait eux que J&eacute;sus interpelle: &laquo;J&eacute;rusalem, J&eacute;rusalem, toi qui tue les proph&egrave;tes!&raquo; On pourrait croire que Dieu est las de son peuple, ce peuple qui a assassin&eacute; son fils. Du coup il d&eacute;cide de transmettre l'h&eacute;ritage aux pa&iuml;ens, de le retirer aux Juifs pour nous l'accorder &agrave; nous, les habitants du 8<sup>&egrave;me</sup> arrondissement, les descendants des pa&iuml;ens. Le probl&egrave;me de cette interpr&eacute;tation, c'est qu'elle est en contradiction avec l'enseignement de saint Paul dans l'&eacute;p&icirc;tre aux Romains. L'ap&ocirc;tre est clair: &laquo;Les dons de Dieu et ses promesses sont sans repentance. Dieu n'a pas rejet&eacute; le peuple que d'avance il avait &eacute;lu&raquo;. Dieu ne reprend pas ce qu'il a promis. Les Juifs ont part &agrave; l'h&eacute;ritage, comme nous. Ils sont appel&eacute;s &laquo;enfants de Dieu&raquo; comme nous. Ils sont nos fr&egrave;res a&icirc;n&eacute;s dans la foi, ils sont le rameau franc sur lequel nous sommes greff&eacute;s, nous le rameau sauvageon.</p>
<p>Il s'agit d'une question grave. Elle est grave parce que les juifs ont pay&eacute; cher cette accusation de d&eacute;icide. Mais cette question concerne &eacute;galement le c&oelig;ur de notre foi. Qui sommes nous, par rapport au Fils de Dieu? Quel rapport &eacute;tablissons-nous avec le Seigneur-J&eacute;sus? Il est le Saint des saints, le roi des rois, mais il est en m&ecirc;me temps notre fr&egrave;re... Les vignerons homicides, c'est nous, &agrave; l'occasion. C'est nous qui tuons par b&ecirc;tise, par app&acirc;t du gain, par orgueil. Bien s&ucirc;r, nous ne sommes pas des assassins d'apr&egrave;s la loi des hommes. Mais notre petit tas de p&eacute;ch&eacute;s, l'offense faite &agrave; notre fr&egrave;re, l'offense faite &agrave; Dieu laissent des traces et sont mortif&egrave;res. Nous sommes responsables de la mort du Fils du Ma&icirc;tre.</p>
<p>Que ce passe-t-il? Le Ma&icirc;tre de la Parabole envoie son fils seul et innocent. Il n'envoie pas la milice pour le garder. Cette attitude d&eacute;sarm&eacute;e manifeste jusqu'o&ugrave; va le don de Dieu, ce comportement r&eacute;v&egrave;le son amour excessif pour l'homme, et sa confiance excessive en l'homme. Dieu court le risque de voir son fils molest&eacute;, peut-&ecirc;tre &eacute;borgn&eacute;. Dieu court le risque de r&eacute;cup&eacute;r&eacute; son fils avec une fracture de l'&eacute;paule, peut-&ecirc;tre avec la cage thoracique d&eacute;fonc&eacute;e par les coups de pieds, peut-&ecirc;tre avec les ecchymoses de la torture, peut-&ecirc;tre assassin&eacute;... Les vignerons ont-ils bu pour se comporter ainsi? Non. Ils raisonnent froidement: &laquo;Voici l'h&eacute;ritier. Tuons-le! Nous r&eacute;cup&egrave;rerons l'h&eacute;ritage!&raquo; Et le pire, c'est que leur raisonnement est juste! Car le p&eacute;ch&eacute; de l'homme a bien co&ucirc;t&eacute; la vie du fils et cette mort a effectivement donn&eacute; l'h&eacute;ritage &agrave; l'homme. Par la mort et la r&eacute;surrection du Christ, nous avons re&ccedil;u l'h&eacute;ritage de la vie &eacute;ternelle, nous sommes entr&eacute;s dans la communion avec Dieu. Les hommes ont tu&eacute; J&eacute;sus et ils ont re&ccedil;u l'h&eacute;ritage. Paradoxe inou&iuml;et incompr&eacute;hensible !</p>
<p>Isa&iuml;e avait pressenti ce myst&egrave;re. Dans son livre proph&eacute;tique, on trouve un &eacute;cho au texte que nous avons entendu en premi&egrave;re lecture. Dans le passage que nous avons entendu, Dieu est d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;. La vigne qu'il ch&eacute;rissait est devenue un champ d'iniquit&eacute;. Alors Dieu se met en col&egrave;re et abandonne la vigne &agrave; son triste sort, &agrave; la sauvagerie. Les animaux la pi&eacute;tinent, les ronces l'envahissent, le soleil et le vent la dess&egrave;chent. Dieu est las de la mesquinerie et de l'ingratitude humaine. Dieu se d&eacute;tourne de sa cr&eacute;ation. Voil&agrave; ce que fait Dieu quand il ressemble &agrave; un dieu ordinaire, un dieu qui r&eacute;agit comme un homme. Mais les textes d'Isa&iuml;e fonctionnent en diptyque. Un second texte vient nuancer le premier, un second texte vient changer l'interpr&eacute;tation.</p>
<p>L'Evangile nous invite &agrave; poursuivre notre promenade dans les vignes. C'est une balade commenc&eacute;e il y a trois semaines gr&acirc;ce aux lectures de la liturgie dominicale. C'est la bonne p&eacute;riode pour se balader sur les coteaux. Les feuilles des vignes sont rouges, les raisins sont gorg&eacute;s de soleil: les vendanges battent leur plein.</p>
<p>Je trouve que J&eacute;sus a bon go&ucirc;t en multipliant les paraboles viticoles. La religion chr&eacute;tienne n'est pas la religion des aigris. La religion chr&eacute;tienne c&eacute;l&egrave;bre la bonne ch&egrave;re, elle honore les fruits de la terre, elle go&ucirc;te le bon vin. Vous avez remarqu&eacute; le nombre de sc&egrave;nes &eacute;vang&eacute;liques qui se d&eacute;roule &agrave; table. Et &ccedil;a mange et &ccedil;a boit, &agrave; cana, chez Zach&eacute;e, chez Simon, chez la belle-m&egrave;re de Pierre... Les contemporains ne s'y sont pas tromp&eacute;s: les mesquins ont accus&eacute; J&eacute;sus d'ivrognerie et de gloutonnerie!</p>
<p>La vigne est le signe du Royaume. La vigne est le symbole du chr&eacute;tien: &laquo;Vous, vous &ecirc;tes les sarments!&raquo; nous dit J&eacute;sus. La vigne est pr&eacute;sente d&eacute;s le livre de la Gen&egrave;se. Vous souvenez-vous ce que fit No&eacute; quand il accosta enfin sur la terre ferme, apr&egrave;s 40 jours de d&eacute;luge? La premi&egrave;re chose que fit No&eacute;, ce ne fut pas de baiser la terre, comme Jean-Paul II &agrave; l'arriv&eacute;e d'un voyage. Ce ne fut pas de dresser un autel ou une st&egrave;le comme son p&egrave;re Jacob, en hommage au Dieu de la vie. Ce fut de planter une vigne. Ce qui prouve d'ailleurs que No&eacute; a embarqu&eacute; non seulement des animaux avec leurs puces, mais aussi des plants avec leurs pucerons. C'est une tradition des grands navigateurs, comme La P&eacute;rouse &agrave; bord de <em>l'Astrolabe</em> et le capitaine William Bligh &agrave; bord du <em>Bounty </em>comme le chevalier de Bougainville &agrave; bord de <em>la Boudeuse</em>, comme Kevin Costner dans <em>Waterword</em><em>.</em></p>
<p>Non seulement l'urgence pour No&eacute;, c'est de planter la vigne, mais en plus il s'empresse de r&eacute;colter son vin et de s'enivrer.</p>
<p>Car la vigne est le symbole de l'exc&egrave;s. La vigne est utilis&eacute;e dans le Cantique des cantiques, chez le proph&egrave;te Isa&iuml;e, dans le psaume 79, dans l'Evangile, chez les mystiques pour dire l'exc&egrave;s de Dieu. Dieu est excessif. Il donne &agrave; foison. Il donne m&ecirc;me sa vie pour les hommes. Dieu aime trop les hommes. Et celui qui conna&icirc;t cet amour est enivr&eacute;. Vous vous souvenez des ap&ocirc;tres au matin de la Pentec&ocirc;te: remplis de l'Esprit-Saint ils parlent, ils titubent et ils rigolent comme s'ils avaient bu du vin doux... C'est cette joie, cette all&eacute;gresse qui dit la pr&eacute;sence de Dieu, son amour fou pour nous. C'est ce vin qui est son sang, c'est ce vin qui est la vie. Le pape Beno&icirc;t XVI aime rappeler que la liturgie eucharistique est une f&ecirc;te. Il n'y pas de f&ecirc;te r&eacute;ussie sans un peu d'exceptionnel, sans un peu d'extraordinaire et sans un peu d'exc&egrave;s.</p>
<p>Le terrible paradoxe de l'Evangile, c'est que la vigne n'est plus aujourd'hui le symbole de la joie, mais le symbole de la tristesse, de la peine, de l'injustice, de l'incompr&eacute;hensible. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les vignerons homicides n'ont pas le vin gai.</p>
<p>Le livre d'Isa&iuml;e nous donne des clefs pour comprendre cette parabole dramatique. La vigne, c'est la maison d'Isra&euml;l. Le ma&icirc;tre, c'est Dieu. Le fils, c'est le Seigneur-J&eacute;sus. Mais qui sont les vignerons homicides? Une lecture maladroite induit que se sont les juifs du temps de J&eacute;sus. Ce serait eux que J&eacute;sus interpelle: &laquo;J&eacute;rusalem, J&eacute;rusalem, toi qui tue les proph&egrave;tes!&raquo; On pourrait croire que Dieu est las de son peuple, ce peuple qui a assassin&eacute; son fils. Du coup il d&eacute;cide de transmettre l'h&eacute;ritage aux pa&iuml;ens, de le retirer aux Juifs pour nous l'accorder &agrave; nous, les habitants du 8<sup>&egrave;me</sup> arrondissement, les descendants des pa&iuml;ens. Le probl&egrave;me de cette interpr&eacute;tation, c'est qu'elle est en contradiction avec l'enseignement de saint Paul dans l'&eacute;p&icirc;tre aux Romains. L'ap&ocirc;tre est clair: &laquo;Les dons de Dieu et ses promesses sont sans repentance. Dieu n'a pas rejet&eacute; le peuple que d'avance il avait &eacute;lu&raquo;. Dieu ne reprend pas ce qu'il a promis. Les Juifs ont part &agrave; l'h&eacute;ritage, comme nous. Ils sont appel&eacute;s &laquo;enfants de Dieu&raquo; comme nous. Ils sont nos fr&egrave;res a&icirc;n&eacute;s dans la foi, ils sont le rameau franc sur lequel nous sommes greff&eacute;s, nous le rameau sauvageon.</p>
<p>Il s'agit d'une question grave. Elle est grave parce que les juifs ont pay&eacute; cher cette accusation de d&eacute;icide. Mais cette question concerne &eacute;galement le c&oelig;ur de notre foi. Qui sommes nous, par rapport au Fils de Dieu? Quel rapport &eacute;tablissons-nous avec le Seigneur-J&eacute;sus? Il est le Saint des saints, le roi des rois, mais il est en m&ecirc;me temps notre fr&egrave;re... Les vignerons homicides, c'est nous, &agrave; l'occasion. C'est nous qui tuons par b&ecirc;tise, par app&acirc;t du gain, par orgueil. Bien s&ucirc;r, nous ne sommes pas des assassins d'apr&egrave;s la loi des hommes. Mais notre petit tas de p&eacute;ch&eacute;s, l'offense faite &agrave; notre fr&egrave;re, l'offense faite &agrave; Dieu laissent des traces et sont mortif&egrave;res. Nous sommes responsables de la mort du Fils du Ma&icirc;tre.</p>
<p>Que ce passe-t-il? Le Ma&icirc;tre de la Parabole envoie son fils seul et innocent. Il n'envoie pas la milice pour le garder. Cette attitude d&eacute;sarm&eacute;e manifeste jusqu'o&ugrave; va le don de Dieu, ce comportement r&eacute;v&egrave;le son amour excessif pour l'homme, et sa confiance excessive en l'homme. Dieu court le risque de voir son fils molest&eacute;, peut-&ecirc;tre &eacute;borgn&eacute;. Dieu court le risque de r&eacute;cup&eacute;r&eacute; son fils avec une fracture de l'&eacute;paule, peut-&ecirc;tre avec la cage thoracique d&eacute;fonc&eacute;e par les coups de pieds, peut-&ecirc;tre avec les ecchymoses de la torture, peut-&ecirc;tre assassin&eacute;... Les vignerons ont-ils bu pour se comporter ainsi? Non. Ils raisonnent froidement: &laquo;Voici l'h&eacute;ritier. Tuons-le! Nous r&eacute;cup&egrave;rerons l'h&eacute;ritage!&raquo; Et le pire, c'est que leur raisonnement est juste! Car le p&eacute;ch&eacute; de l'homme a bien co&ucirc;t&eacute; la vie du fils et cette mort a effectivement donn&eacute; l'h&eacute;ritage &agrave; l'homme. Par la mort et la r&eacute;surrection du Christ, nous avons re&ccedil;u l'h&eacute;ritage de la vie &eacute;ternelle, nous sommes entr&eacute;s dans la communion avec Dieu. Les hommes ont tu&eacute; J&eacute;sus et ils ont re&ccedil;u l'h&eacute;ritage. Paradoxe inou&iuml;et incompr&eacute;hensible !</p>
<p>Isa&iuml;e avait pressenti ce myst&egrave;re. Dans son livre proph&eacute;tique, on trouve un &eacute;cho au texte que nous avons entendu en premi&egrave;re lecture. Dans le passage que nous avons entendu, Dieu est d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;. La vigne qu'il ch&eacute;rissait est devenue un champ d'iniquit&eacute;. Alors Dieu se met en col&egrave;re et abandonne la vigne &agrave; son triste sort, &agrave; la sauvagerie. Les animaux la pi&eacute;tinent, les ronces l'envahissent, le soleil et le vent la dess&egrave;chent. Dieu est las de la mesquinerie et de l'ingratitude humaine. Dieu se d&eacute;tourne de sa cr&eacute;ation. Voil&agrave; ce que fait Dieu quand il ressemble &agrave; un dieu ordinaire, un dieu qui r&eacute;agit comme un homme. Mais les textes d'Isa&iuml;e fonctionnent en diptyque. Un second texte vient nuancer le premier, un second texte vient changer l'interpr&eacute;tation. Dieu dit, chez Isa&iuml;e un peu plus loin : &laquo;Ce peuple est loin de moi, son c&oelig;ur n'a pas compris mon amour. Vais-je me d&eacute;tourner de lui? Non! Au contraire! Bien qu'il me d&eacute;&ccedil;oive, je vais continuer &agrave; &eacute;tonner ce peuple par des prodiges et des merveilles!&raquo; A notre d&eacute;sinvolture, Dieu r&eacute;pond par un amour encore plus g&eacute;n&eacute;reux. Dieu n'est pas un &eacute;picier. Dieu n'est pas une institutrice rev&ecirc;che. Il ne compte pas. Il ne punit pas le p&eacute;ch&eacute; de l'homme. Il suppl&eacute;e &agrave; sa d&eacute;faillance par un surcro&icirc;t de prodiges et de merveilles.</p>
<p>L'h&eacute;ritier devait mourir. Et les assassins ne vont pas p&eacute;rirent mis&eacute;rablement. Ils seront m&ecirc;me combl&eacute;s et pardonn&eacute;s. A la mani&egrave;re du psalmiste, ils vont reconna&icirc;tre leur crime quand ils verront que le Ma&icirc;tre ne les ch&acirc;tie pas mais redouble au contraire de pr&eacute;venances. S'ils disent comme le psalmiste: &laquo;Dieu de l'univers, revient! Que ton visage s'&eacute;claire et nous serons sauv&eacute;s.&raquo;, alors Dieu r&eacute;pond. Il leur accorde gr&acirc;ce sur gr&acirc;ce. En effet, &laquo;Dieu n'a pas &eacute;pargn&eacute; son propre Fils&raquo; mais il l'a envoy&eacute; aupr&egrave;s de nous pour que nous puissions go&ucirc;ter aux joies de la vigne.</p>
<p>Alors mangeons et buvons &agrave; la P&acirc;que du Seigneur. Le fianc&eacute;, le fils du Ma&icirc;tre de la vigne est l&agrave;, avec nous. Et de cette communion, recevons gr&acirc;ce sur gr&acirc;ce.</p>
<p>Dieu dit, chez Isa&iuml;e un peu plus loin : &laquo;Ce peuple est loin de moi, son c&oelig;ur n'a pas compris mon amour. Vais-je me d&eacute;tourner de lui? Non! Au contraire! Bien qu'il me d&eacute;&ccedil;oive, je vais continuer &agrave; &eacute;tonner ce peuple par des prodiges et des merveilles!&raquo; A notre d&eacute;sinvolture, Dieu r&eacute;pond par un amour encore plus g&eacute;n&eacute;reux. Dieu n'est pas un &eacute;picier. Dieu n'est pas une institutrice rev&ecirc;che. Il ne compte pas. Il ne punit pas le p&eacute;ch&eacute; de l'homme. Il suppl&eacute;e &agrave; sa d&eacute;faillance par un surcro&icirc;t de prodiges et de merveilles.</p>
<p>&nbsp;L'h&eacute;ritier devait mourir. Et les assassins ne vont pas p&eacute;rirent mis&eacute;rablement. Ils seront m&ecirc;me combl&eacute;s et pardonn&eacute;s. A la mani&egrave;re du psalmiste, ils vont reconna&icirc;tre leur crime quand ils verront que le Ma&icirc;tre ne les ch&acirc;tie pas mais redouble au contraire de pr&eacute;venances. S'ils disent comme le psalmiste: &laquo;Dieu de l'univers, revient! Que ton visage s'&eacute;claire et nous serons sauv&eacute;s.&raquo;, alors Dieu r&eacute;pond. Il leur accorde gr&acirc;ce sur gr&acirc;ce. En effet, &laquo;Dieu n'a pas &eacute;pargn&eacute; son propre Fils&raquo; mais il l'a envoy&eacute; aupr&egrave;s de nous pour que nous puissions go&ucirc;ter aux joies de la vigne.</p>
<p>Alors mangeons et buvons &agrave; la P&acirc;que du Seigneur. Le fianc&eacute;, le fils du Ma&icirc;tre de la vigne est l&agrave;, avec nous. Et de cette communion, recevons gr&acirc;ce sur gr&acirc;ce.</p>
<p>Amen !</p>
<p>&nbsp;</p>]]></content></entry><entry><title>Dimanche 6 juillet 2008 - 14ème dimanche T.O.A - Prédication du fr. Guy Monnot</title><id>http://www.le222.org/predications-du-222/2008/7/15/dimanche-6-juillet-2008-14eme-dimanche-toa-predication-du-fr.html</id><link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.le222.org/predications-du-222/2008/7/15/dimanche-6-juillet-2008-14eme-dimanche-toa-predication-du-fr.html"/><author><name>Thierry-Marie</name></author><published>2008-07-15T09:49:38Z</published><updated>2008-07-15T09:49:38Z</updated><content type="html" xml:lang="fr-FR"><![CDATA[<p align="justify" style="text-align: justify;"><em>L&rsquo;abr&eacute;g&eacute; de l&rsquo;Evangile</em><br /><br />Ce passage est petit par la longueur, mais grand par la valeur. C&rsquo;est un abr&eacute;g&eacute; de l'Evangile. Il comprend trois parties nettement distinctes. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> 1. Cela commence par Dieu, comme la Bible, et comme notre Credo. le Seigneur J&eacute;sus s&rsquo;adresse ici &agrave; Dieu, son P&egrave;re, dans une louange extasi&eacute;e. Les quelques mots qu&rsquo;il prononce sont pleins d&rsquo;enseignements. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> &bull; Dieu est le &ldquo;Seigneur du ciel et de la terre&rdquo;. Il est le ma&icirc;tre du monde, qu&rsquo;il a cr&eacute;&eacute;, et de l&rsquo;histoire, qu&rsquo;il dirige secr&egrave;tement selon ses voies. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> &bull; &ldquo;Tu l&rsquo;as r&eacute;v&eacute;l&eacute;&hellip;dans ta bont&eacute;&rdquo;. Notre Seigneur dira ailleurs: &ldquo;Si tu savais le don de Dieu&rdquo; (Jn 4,). Si seulement nous savions lire l&rsquo;Ecriture Sainte, et en extraire les tr&eacute;sors qu&rsquo;elle rec&egrave;le pour notre intelligence en m&ecirc;me temps que pour notre c&oelig;ur. Il y a une r&eacute;v&eacute;lation. Dieu a r&eacute;v&eacute;l&eacute;. En r&eacute;v&eacute;lant sa volont&eacute;, il s&rsquo;est r&eacute;v&eacute;l&eacute;, et c&rsquo;est &agrave; nous qu&rsquo;il s&rsquo;est r&eacute;v&eacute;l&eacute;. Il a r&eacute;v&eacute;l&eacute; qu&rsquo;il est bon. Le Bon Dieu. Cela r&eacute;sume et d&eacute;passe toute la collection &ldquo;Cogitatio Fidei&rdquo;. Dieu est bon, il est enti&egrave;rement bon, il est la bont&eacute; fontale et totale, et ce Dieu de bont&eacute; entre en relation avec nous. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> &bull; Non seulement il est bon, mais il est pour nous un &ldquo;P&egrave;re&rdquo;. Remarquons au passage, en cette ann&eacute;e paulinienne, que saint Paul ne cesse d&rsquo;insister sur cela <a> [1] </a> . Dieu est <em>notre </em>P&egrave;re, il est le P&egrave;re par excellence, et de lui vient &laquo; toute paternit&eacute; au ciel et sur la terre &raquo; (Ep 3,14). </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> 2. Dans notre passage vient ensuite un verset extraordinaire o&ugrave; J&eacute;sus, comme &agrave; la Transfiguration, laisse percer quelque chose de lui-m&ecirc;me. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> &bull; Quoi donc, quelque chose ? Dirons-nous, quelque chose de son identit&eacute; ? Car s&rsquo;il est authentiquement J&eacute;sus, il est aussi, ou d&rsquo;abord, diff&eacute;rent de J&eacute;sus et sup&eacute;rieur &agrave; J&eacute;sus. Et pourtant, cette identit&eacute; sup&eacute;rieure et cach&eacute;e n&rsquo;est pas celle de quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre. Dirons-nous alors que J&eacute;sus nous d&eacute;voile quelque chose de son pass&eacute; ? Certainement pas, car il ne s&rsquo;agit pas de pass&eacute; ou de date, ou de temps. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> &bull; C&rsquo;est bien ce que r&eacute;v&egrave;le la d&eacute;claration du Christ:: &laquo; Tout m&rsquo;a &eacute;t&eacute; confi&eacute; par mon P&egrave;re &raquo;. Quand cela ? Avant la R&eacute;surrection &agrave; coup s&ucirc;r. Avant m&ecirc;me l&rsquo;Incarnation. De toute &eacute;ternit&eacute;. J&eacute;sus nous r&eacute;v&egrave;le ici la relation intime et incompr&eacute;hensible qu&rsquo;il a avec Dieu. &laquo; Nul ne conna&icirc;t, n&rsquo;aime, ne fr&eacute;quente librement le Fils, sinon le P&egrave;re, et nul ne conna&icirc;t le P&egrave;re, sinon le Fils&hellip;&raquo;. Avant P&acirc;ques, avant No&euml;l, il y a en Dieu une f&ecirc;te &eacute;ternelle que c&eacute;l&egrave;brent entre eux le P&egrave;re et son Fils unique. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> 3. Cette f&ecirc;te pourtant, ils veulent en ouvrir l&rsquo;acc&egrave;s. C&rsquo;est la promesse de J&eacute;sus dans les derni&egrave;res phrases de notre passage. &laquo; Je vous donnerai le repos &raquo;. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> &bull; Notre bon Ma&icirc;tre veille sur nous ici-bas et nous donne le bien le plus pr&eacute;cieux, &agrave; savoir la paix du c&oelig;ur. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> &bull; Mais il nous promet aussi le vrai repos dont l&rsquo;Ep&icirc;tre aux H&eacute;breux parle longuement <a> [2] </a> , ce repos vraiment plein et vraiment &eacute;ternel: une vie avec Dieu dans la paix totale, au milieu de la communion des saints. C&rsquo;est l&agrave; l&rsquo;horizon de notre esp&eacute;rance. C&rsquo;est l&agrave; le terme de notre long voyage, et le m&ecirc;me J&eacute;sus que nous &eacute;coutons ce matin l&rsquo;a annonc&eacute; un autre matin quand il a dit: &laquo; Je monte vers mon P&egrave;re et votre P&egrave;re&hellip;&raquo; (Jn 20,17). </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Voil&agrave; bien la substance de l&rsquo;Evangile, et c&rsquo;est pour cet Évangile que, d&egrave;s maintenant, nous achevons notre pri&egrave;re eucharistique en chantant: &laquo; A toi, Dieu le P&egrave;re tout-puissant, &hellip; tout honneur et toute gloire&hellip; &raquo;. Chaque fois, notre exclamation fait alors &eacute;cho &agrave; la parole du Seigneur J&eacute;sus: &laquo; P&egrave;re, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange &raquo; Amen. </p> <p align="right" style="text-align: right;"><em> fr. Guy Monnot, o.p. </em></p> <br clear="all" /> <hr width="33%" size="1" /> <p><a> [1] </a> Rm 1,7; Ep 4,6; 1 Th 1,3 etc. </p> <p><a> [2] </a> Cf. He 3,7 - 4,11. </p>]]></content></entry><entry><title>Dimanche 29 juin 2008 - Solennité de la fête de St Pierre et St Paul - Prédication du fr. Guy Monnot</title><id>http://www.le222.org/predications-du-222/2008/7/15/dimanche-29-juin-2008-solennite-de-la-fete-de-st-pierre-et-s.html</id><link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.le222.org/predications-du-222/2008/7/15/dimanche-29-juin-2008-solennite-de-la-fete-de-st-pierre-et-s.html"/><author><name>Thierry-Marie</name></author><published>2008-07-15T09:43:14Z</published><updated>2008-07-15T09:43:14Z</updated><content type="html" xml:lang="fr-FR"><![CDATA[<p align="justify" style="text-align: justify;"><em>Sermon pour l&rsquo;ouverture de l&rsquo;Ann&eacute;e paulinienne 2008</em> </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> &laquo; <em>Tout</em> est &agrave; vous, mais vous &ecirc;tes au Christ, et le Christ est &agrave; Dieu &raquo; . Ce n&rsquo;est pas moi qui parle, c&rsquo;est Paul. Et ce n&rsquo;est pas seulement la parole de Paul (1 Co 3,22s), c&rsquo;est la parole de Dieu (cf.1 Th 2,13). Et que nous dira la parole de Dieu, que nous dira-t-elle sinon la volont&eacute; de Dieu, le dessein de Dieu ? Cette v&eacute;rit&eacute;, ou plut&ocirc;t cette lumi&egrave;re, souleva l&rsquo;existence de Paul, et traverse les lettres, les Ep&icirc;tres, qu&rsquo;il a compos&eacute;es ou qui s&rsquo;inscrivent dans sa tradition. L&rsquo;&eacute;ternel dessein de Dieu (Ep 1,9; 3,11), son plan global sur l&rsquo;histoire, l&rsquo;appel universel &agrave; la communion dans le Christ par del&agrave; tout juridisme et tout sectarisme, cette v&eacute;ritable catholicit&eacute;, cette mondialisation d&rsquo;un salut pourtant li&eacute; au Myst&egrave;re de J&eacute;sus, sont en filigrane derri&egrave;re tous les th&egrave;mes et les d&eacute;veloppements de saint Paul. Toujours s&rsquo;y d&eacute;tachent trois termes, ou plut&ocirc;t y jaillissent trois vivants acteurs: Dieu, le Christ, les hommes. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Il en est ainsi de bout en bout. D&egrave;s la I&egrave;re &eacute;p&icirc;tre aux Thessaloniciens, qui est la lettre la plus ancienne de Paul, mais qui est aussi le plus ancien &eacute;crit du Nouveau Testament, l&rsquo;ap&ocirc;tre conclut ses exhortations par les mots suivants: &laquo; Rendez gr&acirc;ce en toute circonstance: c&rsquo;est la volont&eacute; de <em>Dieu</em> sur <em>vous</em> dans le <em>Christ J&eacute;sus </em>&raquo; (1 Th 5,18). Et dans la I&egrave;re &eacute;p&icirc;tre &agrave; Timoth&eacute;e, i.e. dans l&rsquo;une de ces derni&egrave;res lettres qui sont en quelque sorte son testament pastoral, il r&eacute;p&egrave;te &agrave; nouveau: &laquo; <em>Dieu</em> est unique, unique aussi est le m&eacute;diateur entre Dieu et <em>les hommes</em>, le <em>Christ J&eacute;sus,&hellip;</em> qui s&rsquo;est livr&eacute; en ran&ccedil;on pour<em> tous </em>&raquo; (1 Tm 2,5s). </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"><strong> 1. </strong> Partout donc, on entend l&rsquo;&eacute;cho de la triple formule que nous rappelions en commen&ccedil;ant: &laquo; Tout est &agrave; vous, mais vous &ecirc;tes au Christ, et le Christ est &agrave; Dieu &raquo;. Voil&agrave; St Paul en entier. Sa pens&eacute;e, sa mystique, son programme, d&rsquo;un seul jet. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> On est aux antipodes des minuties th&eacute;ologiques ou du nombrilisme communautaire. Un grand souffle balaye ces ombres et laisse voir le secret des choses, pour autant que la R&eacute;v&eacute;lation nous y donne acc&egrave;s. Cette vision globale et unifi&eacute;e, bien s&ucirc;r, se retrouve ailleurs dans la Bible, notamment chez saint Jean <a> [1] </a> . Mais les raccourcis de saint Paul ont une rigueur, une structure, une pl&eacute;nitude incomparables et lumineuses. La destin&eacute;e humaine et le dessein de Dieu s&rsquo;y r&eacute;v&egrave;lent en relation l&rsquo;un avec l&rsquo;autre. L&rsquo;Esprit Saint et l'Eglise ne sont pas mentionn&eacute;s dans ces petits credo fulgurants, mais ils sont inclus dans la circulation d&rsquo;amour qui unit les hommes &agrave; Dieu en les unissant au Christ. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> <strong>Les hommes, pr&eacute;cis&eacute;ment</strong>, c&rsquo;est par eux que commence la formule de saint Paul. &laquo; <strong>Tout est &agrave; vous </strong>&raquo;. Phrase extraordinaire, qu&rsquo;aucun humanisme n&rsquo;a jamais &eacute;gal&eacute;e. Tout est &agrave; vous, i.e. pour vous, en relation &agrave; vous, en correspondance avec vous, au service de votre croissance et de votre accomplissement. Ces quelques mots concentr&eacute;s &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me peuvent faire exploser toutes les id&eacute;ologies. Ils redisent que le sabbat a &eacute;t&eacute; fait pour l&rsquo;homme, ils proclament la libert&eacute; chr&eacute;tienne, ils portent en germe une morale des valeurs dans le respect des situations, ils rendent gr&acirc;ce pour l&rsquo;amour &eacute;ternel que Dieu nous porte &agrave; chacun. La doctrine de saint Paul affiche ici un caract&egrave;re tr&egrave;s frappant, je veux dire un profond souci de l&rsquo;humanit&eacute; concr&egrave;te, dans la diversit&eacute; des personnes et des contextes </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"><strong> 2. </strong> Or l&rsquo;humanit&eacute; concr&egrave;te est <strong>une humanit&eacute; en marche.</strong> Le Concile du Vatican a plusieurs fois rappel&eacute; que l&rsquo;Eglise est &ldquo;p&eacute;r&eacute;grinante&rdquo;. Dans la <em>Constitution</em><em> sur l'Eglise</em>, n&deg;48, nous lisons par exemple: &laquo; L&rsquo;Eglise en p&egrave;lerinage porte dans ses sacrements et ses institutions, qui rel&egrave;vent de ce temps, la figure du monde qui passe &raquo;, et elle vit encore dans l&rsquo;attente du salut total. Cela, saint Paul ne nous le laisse jamais oublier. Non seulement, comme tout le monde, il constate que la vie humaine est une suite de changements. Mais il lui a &eacute;t&eacute; donn&eacute; de percevoir que notre vie la plus r&eacute;elle <strong>consiste tout enti&egrave;re dans ce mouvement</strong>, est identique &agrave; la ligne de notre &eacute;volution. D&rsquo;o&ugrave; une spiritualit&eacute; dynamique. &laquo; Oubliant le chemin parcouru, &eacute;crit-il, je vais droit de l&rsquo;avant, tendu de tout mon &ecirc;tre, et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle &agrave; recevoir l&agrave;-haut, dans le Christ J&eacute;sus &raquo; (Ph 3,12-14). Rejetant tout pass&eacute;isme, qu&rsquo;il ne faut pas confondre avec la Tradition, refusant tout immobilisme, qu&rsquo;il ne faut pas confondre avec le vrai repos et la paix de Dieu, Paul nous exhorte sans cesse &agrave; aller de l&rsquo;avant. Et certes, il a pr&ecirc;ch&eacute; d&rsquo;exemple sur ce point. Serviteur du Christ J&eacute;sus (Rm 1,1), il a parcouru l&rsquo;empire Romain et sillonn&eacute; la M&eacute;diterran&eacute;e. Ses voyages l&rsquo;ont men&eacute; d&rsquo;Antioche &agrave; Ath&egrave;nes, et de J&eacute;rusalem &agrave; Rome. Ses Ep&icirc;tres sont pour nous une incitation au voyage. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Car le christianisme est d&rsquo;abord <strong>un voyage</strong>. L&rsquo;itin&eacute;raire, c&rsquo;est le Christ. Le guide, c&rsquo;est Paul. Le but, le terme, la fin, c&rsquo;est Dieu qui nous attend. Ce grand mouvement est le secret de la phrase c&eacute;l&egrave;bre que nous citions tout &agrave; l&rsquo;heure. &laquo; Tout est <em>&agrave;</em> vous, <em>au</em> Christ,<em> &agrave; </em>Dieu &raquo;. Chaque fois, la pr&eacute;position n&rsquo;indique pas seulement une relation, mais un but, une finalit&eacute;, une destination. Et nulle part sans doute cette travers&eacute;e de l&rsquo;existence n&rsquo;est dite avec plus de force que dans un autre passage o&ugrave; l&rsquo;Ap&ocirc;tre d&eacute;clare: &laquo; Il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul Dieu, le P&egrave;re, de qui tout nous vient et vers qui nous <em>allons</em>, et un seul Seigneur, J&eacute;sus Christ, par qui tout nous vient et par qui <em>nous allons</em> &raquo; (1 Co 8,6). En d&rsquo;autres termes, la bont&eacute; et la gr&acirc;ce divines, tant&ocirc;t comme une ros&eacute;e, tant&ocirc;t comme un torrent, impr&egrave;gnent et emportent l&rsquo;humanit&eacute; au fil des si&egrave;cles. Cette immense affaire n&rsquo;est pas seulement collective. Elle se r&eacute;alise <em>par</em> et <em>dans</em> chacun, par et dans chacune. Il n&rsquo;est personne qui n&rsquo;en soit touch&eacute;. Chacun, chacune doit savoir et peut dire:&laquo; Le dessein de Dieu <em>me</em> traverse et me porte &raquo;. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Conclusion ? D&rsquo;abord, prier saint Paul pour l&rsquo;Eglise et pour nous-m&ecirc;mes. Ensuite, lire et m&eacute;diter ses <em>Lettres</em>. On dit qu&rsquo;elles sont difficiles. Ce n&rsquo;est vrai qu&rsquo;en partie. Je vais vous donner un conseil d&rsquo;ami, un bon conseil, ou plut&ocirc;t deux. Premi&egrave;rement, commencez par les <em>Lettres</em> les plus courtes, celles qui viennent &agrave; la fin dans l&rsquo;ordre traditionnel. Ensuite lisez seulement un ou deux paragraphes &agrave; la fois, chaque jour ou chaque semaine, et m&eacute;ditez-les. Tr&egrave;s vite, vous comprendrez tout. A la fin de l&rsquo;Ann&eacute;e paulinienne, vous serez &eacute;tonn&eacute;s du r&eacute;sultat, et vous direz: &laquo; Vraiment, nous avons v&eacute;cu une belle ann&eacute;e <em>chr&eacute;tienne</em> &raquo;. </p> <p align="right" style="text-align: right;"><em> fr. Guy Monnot, o.p. </em></p> <br clear="all" /> <hr width="33%" size="1" /> <p> 1 Par exemple: &laquo; Dieu a tant aim&eacute; le monde qu&rsquo;Il a donn&eacute; son Fils unique, pour que tout homme qui croit en lui ne p&eacute;risse pas&hellip; &raquo; (Jn 3,16). </p>]]></content></entry><entry><title>Dimanche 25 mai 2008 - Solennité de la Fête-Dieu - Prédication du fr. Yves Combeau</title><id>http://www.le222.org/predications-du-222/2008/5/27/dimanche-25-mai-2008-solennite-de-la-fete-dieu-predication-d.html</id><link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.le222.org/predications-du-222/2008/5/27/dimanche-25-mai-2008-solennite-de-la-fete-dieu-predication-d.html"/><author><name>Thierry-Marie</name></author><published>2008-05-27T19:17:22Z</published><updated>2008-05-27T19:17:22Z</updated><content type="html" xml:lang="fr-FR"><![CDATA[<br /><p><em> Je n&rsquo;&eacute;cris jamais mes pr&eacute;dications. Voici n&eacute;anmoins la trame de cette pr&eacute;dication. &mdash; Fr. Y. C.</em></p> <p align="justify" style="text-align: justify;">Je n&rsquo;ai pas connu la F&ecirc;te-Dieu : je suis n&eacute; apr&egrave;s 1968. Toutefois, un homme de mon &acirc;ge peut avoir des &laquo; exp&eacute;riences &raquo; eucharistiques. J&rsquo;en raconterai deux. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">La premi&egrave;re : le cat&eacute;chisme et la profession de foi dans une paroisse plut&ocirc;t mondaine de l&rsquo;ouest de Paris. On est au milieu des ann&eacute;es 1980. Plus de bancs : de la moquette. Au milieu, un panier et du pain. Le pr&ecirc;tre, G&eacute;rard, que nous surnommions &laquo;Appelez-moi-G&eacute;rard &raquo;. Le mot &laquo; eucharistie &raquo; et le mot &laquo; communion &raquo; sont bannis : il n&rsquo;est question que de partage, du pain du partage, de la solidarit&eacute; avec les peuples opprim&eacute;s. G&eacute;rard est entra&icirc;nant, l&rsquo;ambiance tr&egrave;s chaleureuse. L&rsquo;enfant que je suis enregistre avec s&eacute;rieux : l&rsquo;eucharistie, c&rsquo;est le pain du partage, il signifie qu&rsquo;on doit partager, qu&rsquo;&ecirc;tre chr&eacute;tien c&rsquo;est partager. Et c&rsquo;est tout.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Dix ans plus tard. Jeune chr&eacute;tien s&eacute;rieux et traditionalisant (si j&rsquo;ose inventer ce mot), je fr&eacute;quente les adorations de Montmartre. Ici, on dit &laquo; monsieur l&rsquo;abb&eacute; &raquo;, l&rsquo;ostensoir date de Napol&eacute;on III et le Saint-Sacrement est quelque chose de sacr&eacute;, de lointain, de myst&eacute;rieux et de formidable. L&rsquo;&eacute;loignement de l&rsquo;autel, l&rsquo;&eacute;tranget&eacute; du rite, l&rsquo;ambiance nocturne de la basilique, tout concourt &agrave; entourer de myst&egrave;re et de respect l&rsquo;hostie presque transcendante qui luit l&agrave;-bas, dans le soleil de vermeil.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Deux exp&eacute;riences profondes, mais insatisfaisantes &agrave; la longue et incompatibles entre elles. De ce contraste na&icirc;t ce que je dirais aujourd&rsquo;hui, modestement, de l&rsquo;eucharistie.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">L&rsquo;eucharistie est un des &laquo; testaments &raquo;, un des h&eacute;ritages que le Christ nous a express&eacute;ment laiss&eacute;s avec l&rsquo;ordre d&rsquo;en user : &laquo; Faites ceci&hellip; &raquo; Mais &agrave; la diff&eacute;rence du bain d&rsquo;eau, de l&rsquo;onction d&rsquo;huile ou de l&rsquo;imposition des mains, l&rsquo;eucharistie a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s d&eacute;routante pour les t&eacute;moins qui, dans l&rsquo;Évangile, sont justement scandalis&eacute;s. Les proph&egrave;tes oignaient et imposaient les mains ; la travers&eacute;e de l&rsquo;eau est un des signes les plus anciens d&rsquo;Isra&euml;l, mais le repas est plus inattendu. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Certes, J&eacute;sus a habitu&eacute; ses disciples &agrave; l&rsquo;importance du repas commun, du partage. Le repas de la communaut&eacute; est un des propres de J&eacute;sus et, en cela, &laquo; G&eacute;rard &raquo; n&rsquo;avait pas tort.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Mais ce qu&rsquo;il y a marqu&eacute; dans le texte de saint Jean est plus d&eacute;routant que cela. Le Christ dit : ce pain est ma chair. Plus exactement, &laquo; ma viande &raquo;. Car le mot grec, <em>sarx</em>, est bien le terme vulgaire pour &laquo; viande &raquo;. Et plus loin : &laquo; &hellip; celui qui me mangera &raquo;. En des termes simples et crus, J&eacute;sus nous propose&hellip; de manger du J&eacute;sus ! Proposition scandaleuse que le tabou du sang redouble. Manger du J&eacute;sus ! Que veut donc dire le Christ par cette parole ?</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Restons au ras du texte : ce que je mange, mon syst&egrave;me digestif l&rsquo;assimile, de sorte que l&rsquo;aliment devient ma propre chair. Mon corps est fait de ce qu&rsquo;il mange. Mais ce qu&rsquo;il mange le transforme. Manger du J&eacute;sus, c&rsquo;est assimiler J&eacute;sus, transformer notre chair en chair du Christ. Ce que le Christ d&eacute;clare : &laquo; Celui qui mange ma chair et mon sang, il demeure en moi, et moi, Je demeure en lui &raquo;, avec ce mot tr&egrave;s fort qu&rsquo;est &laquo; demeurer &raquo;. Communier au Saint-Sacrement n&rsquo;est pas seulement recevoir J&eacute;sus et l&rsquo;avoir en soi comme un contenant un contenu &mdash; comme, avais-je d&eacute;duit d&rsquo;une le&ccedil;on de cat&eacute;chisme par ailleurs fort bien faite, un autocar ses passagers &mdash;, c&rsquo;est devenir J&eacute;sus. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">L&rsquo;eucharistie est un acte christique : elle nous transforme, peu &agrave; peu, en Christ. Notre chair et la chair du Christ sont rendues communes. De m&ecirc;me chair, nous sommes donc fr&egrave;res de J&eacute;sus. Le th&egrave;me de la fraternit&eacute; a, comme celui du pain eucharistique, subi &agrave; la fin du XX<sup>e</sup> si&egrave;cle de regrettables affaiblissements. Il ne s&rsquo;agit pas du tout d&rsquo;une fraternit&eacute; de sentiment, une fraternit&eacute; de bienveillance mutuelle, une fraternit&eacute; sociologique. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une fraternit&eacute; et mystique et physique. Et c&rsquo;est parce que nous sommes rendus fr&egrave;res du Christ que nous gagnons le titre pr&eacute;cis et glorieux de fils et filles de Dieu. J&eacute;sus nous fait ses fr&egrave;res, et par l&agrave;, il nous fait fils de Dieu. Avec la m&ecirc;me dignit&eacute; que la sienne, exactement. Et rien de moins.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Cette importance cruciale du sacrement de l&rsquo;eucharistie, sacrement qui &laquo; christifie &raquo; &mdash; les orthodoxes diraient &laquo; divinise &raquo; &mdash; explique et justifie l&rsquo;extr&ecirc;me respect, l&rsquo;extr&ecirc;me sacralit&eacute; des adorations eucharistiques, &agrave; Montmartre et ailleurs. Derri&egrave;re l&rsquo;affirmation identitaire d&rsquo;un clerg&eacute; montmartrois qui avait certainement peu d&rsquo;app&eacute;tence pour la baguette-moquette d&rsquo;un &laquo; G&eacute;rard &raquo;, il y avait donc le sentiment juste que l&rsquo;eucharistie, bien au-del&agrave; du partage (bien que la dimension tout horizontale du partage en fasse partie) est un sacrement, comme tous les sacrements, qui nous relie &agrave; Dieu, qui nous fait devenir comme le Christ, qui nous divinise.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Devenir comme le Christ, c&rsquo;est-&agrave;-dire comme lui gu&eacute;rir, relever, pardonner, nourrir, consoler et en d&eacute;finitive sauver notre prochain. Devenir tout foi, tout charit&eacute;, tout esp&eacute;rance, jusqu&rsquo;&agrave; la saintet&eacute;, qui est autre que la dignit&eacute; divine, car ce qui est saint est ce qui est divin, comme le <em>Sanctus</em>, parmi bien d&rsquo;autres textes, nous le rappelle.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Le chemin de divinisation est long, lent. Nous sommes &eacute;pais, notre p&eacute;ch&eacute; nous marque, notre foi est mince. Mais il est certain. Communier au corps et au sang du Christ est devenir le Christ ; en cela la F&ecirc;te-Dieu est une des plus grandes qui soient.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="right" style="text-align: right;"><em>Fr. Yves Combeau o. p.</em></p>]]></content></entry><entry><title>dimanche 18 mai 2008, fête de la Trinité - Prédication du fr. Joseph de Naurois</title><id>http://www.le222.org/predications-du-222/2008/5/22/dimanche-18-mai-2008-fete-de-la-trinite-predication-du-fr-jo.html</id><link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.le222.org/predications-du-222/2008/5/22/dimanche-18-mai-2008-fete-de-la-trinite-predication-du-fr-jo.html"/><author><name>Thierry-Marie</name></author><published>2008-05-22T08:17:26Z</published><updated>2008-05-22T08:17:26Z</updated><content type="html" xml:lang="fr-FR"><![CDATA[<blockquote><p align="justify" style="text-align: justify;"><strong>La Trinit&eacute; nous offre un bel enseignement pour notre vie&nbsp;</strong></p></blockquote><p align="justify" style="text-align: justify;">Sur la sainte Trinit&eacute;, je voudrais dire deux choses. D&rsquo;abord, que si ce myst&egrave;re est insondable, il n&rsquo;est pas imp&eacute;n&eacute;trable. Ensuite, qu&rsquo;il nous offre un bel enseignement pour notre vie. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Myst&egrave;re insondable, la vie intime de Dieu. Cependant le Christ J&eacute;sus nous a fait p&eacute;n&eacute;trer &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur, il nous en a d&eacute;voil&eacute; le secret. Au d&eacute;but de son &eacute;vangile, st Jean rapporte ses paroles : &laquo; Dieu a tant aim&eacute; le monde, qu&rsquo;il a donn&eacute; son Fils&hellip; &raquo; Et &agrave; la fin, dans l&rsquo;&eacute;mouvant discours d&rsquo;adieu, au cours de la C&egrave;ne du Jeudi saint, J&eacute;sus prie pour tous ceux qui croiront en lui : &laquo; Que tous soient un, comme toi, P&egrave;re, tu es en moi et moi en toi&hellip; &raquo; Il annonce la venue, l&rsquo;action de l&rsquo;Esprit-Saint. &laquo; Quand il viendra, lui, l&rsquo;Esprit de v&eacute;rit&eacute;, il vous guidera vers la v&eacute;rit&eacute; toute enti&egrave;re&hellip; &raquo; C&rsquo;est en r&eacute;fl&eacute;chissant sur l&rsquo;ensemble de ces textes, que l&rsquo;Eglise est parvenue &agrave; sa foi en Dieu unique, en trois personnes.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Certains se demandent : &laquo; Ne serait-ce pas plus facile de croire en un Dieu unique, tout simplement, comme le font les juifs et les musulmans ? &raquo; La r&eacute;ponse est claire : l&rsquo;Eglise croit &agrave; la Trinit&eacute;, non parce qu&rsquo;elle prend go&ucirc;t &agrave; compliquer les choses, mais par ce que cette v&eacute;rit&eacute; lui a &eacute;t&eacute; r&eacute;v&eacute;l&eacute;e par le Christ. Au fond, la difficult&eacute; de comprendre est plut&ocirc;t un argument en sa faveur. Aucun homme n&rsquo;aurait pu, de lui-m&ecirc;me, imaginer, proposer un tel myst&egrave;re.<br />Nous pouvons comprendre, de mani&egrave;re intuitive, que si Dieu existe, s&rsquo;il est amour, il ne peut pas &ecirc;tre solitaire. L&rsquo;amour ne peut exister qu&rsquo;entre des personnes. Des personnes qui ne font qu&rsquo;un. Et qui aimerait ce Dieu, s&rsquo;il &eacute;tait absolument seul ? Lui-m&ecirc;me, peut-&ecirc;tre ? Mais alors, ce ne serait plus de l&rsquo;amour. Plut&ocirc;t de l&rsquo;&eacute;go&iuml;sme, ou du narcissisme.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Approch&eacute;, ador&eacute; avec toute notre foi, le myst&egrave;re de la Trinit&eacute; nous offre un bel enseignement pour notre vie. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Il est l&rsquo;affirmation que nous pouvons &ecirc;tre semblables et divers. Diff&eacute;rents, et cependant unis. Semblables, de part notre dignit&eacute;, et divers par nos caract&eacute;ristiques. Divers par la couleur de notre peau, notre sexe, notre race, notre religion, notre culture. Mais nous jouissons de la m&ecirc;me dignit&eacute;, de la m&ecirc;me valeur en tant que personnes humaines. N&rsquo;est-ce pas ce que nous avons besoin d&rsquo;apprendre, aujourd&rsquo;hui plus que jamais, pour vivre en paix dans ce monde ? </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> A commencer par nos familles, nos communaut&eacute;s, nos associations. Elles sont compos&eacute;es de personnes diverses, avec toutes les cons&eacute;quences de cette diversit&eacute; : des caract&egrave;res, des id&eacute;es, des go&ucirc;ts, des r&eacute;actions diff&eacute;rentes. Le succ&egrave;s d&rsquo;un mariage, la paix d&rsquo;une communaut&eacute;, d&rsquo;une association, d&eacute;pendent de la capacit&eacute; de cette diversit&eacute; de tendre vers une unit&eacute; sup&eacute;rieure, dans une volont&eacute; de respect, de collaboration, de recherche d&rsquo;un m&ecirc;me but. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Cela suppose l&rsquo;effort d&rsquo;accepter la diff&eacute;rence de l&rsquo;autre. Chose difficile. Saint Paul le recommande &agrave; ses chers Corinthiens. Ils sont tent&eacute;s par les divisions. Il leur recommande de se ressourcer dans la gr&acirc;ce de J&eacute;sus notre Seigneur, dans l&rsquo;amour du Dieu P&egrave;re, plein de tendresse, de mis&eacute;ricorde, de fid&eacute;lit&eacute;, et dans la communion de l&rsquo;Esprit-Saint.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Fr&egrave;res et s&oelig;urs, vous voyez comme il est faux de consid&eacute;rer la Trinit&eacute; comme un myst&egrave;re &eacute;loign&eacute; de notre vie, qu&rsquo;il convient de laisser &agrave; la sp&eacute;culation des th&eacute;ologiens. Au contraire, il nous est tr&egrave;s proche. Pour une raison tr&egrave;s simple : nous avons &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;s &agrave; l&rsquo;image du Dieu unique et trois personnes. Nous sommes appel&eacute;s, avec leur aide, &agrave; r&eacute;aliser cette m&ecirc;me synth&egrave;se d&rsquo;unit&eacute; dans la diversit&eacute;. Amen. </p> <div align="right" style="text-align: right;"><em> fr. Joseph de Nauroy, o.p. </em> <br /></div>]]></content></entry><entry><title>jeudi 1er mai 2008 - fête de l’Ascension - Prédication du frère Thomas Patfoort</title><id>http://www.le222.org/predications-du-222/2008/5/3/jeudi-1er-mai-2008-fete-de-lascension-predication-du-frere-t.html</id><link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.le222.org/predications-du-222/2008/5/3/jeudi-1er-mai-2008-fete-de-lascension-predication-du-frere-t.html"/><author><name>Thierry-Marie</name></author><published>2008-05-03T06:25:45Z</published><updated>2008-05-03T06:25:45Z</updated><content type="html" xml:lang="fr-FR"><![CDATA[<p align="justify" style="text-align: justify;"> Il en est de la vie de la foi comme de la vie tout court. Pour progresser dans la connaissance il faut accepter de d&eacute;sapprendre des choses acquises. Car rien n&rsquo;est pire qu&rsquo;un faux savoir ou un savoir simpliste. Cette f&ecirc;te de l&rsquo;Ascension me rappelle deux choses qu&rsquo;il m&rsquo;a fallu d&eacute;sapprendre. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Ma bonne et grande chr&eacute;tienne de maman, un matin d&rsquo;Ascension, comme nous allions communier ensemble, t&ocirc;t le matin, m&rsquo;expliquait la f&ecirc;te et me racontait comme elle l&rsquo;avait appris elle-m&ecirc;me de ses parents et de ses ma&icirc;tres, que ce jour l&agrave; J&eacute;sus &eacute;tait mont&eacute; au ciel et qu&rsquo;&agrave; J&eacute;rusalem, on pouvait encore voir les traces de ses deux pieds sur la pierre d&rsquo;o&ugrave; il &eacute;tait parti. Un enfant n&rsquo;est pas &agrave; cela pr&egrave;s, et j&rsquo;avais cru &ccedil;a avec la foi d&rsquo;un petit crois&eacute;&hellip; Mais franchement, avouez que c&rsquo;est vraiment l&agrave; le genre de choses &agrave; d&eacute;sapprendre. C&rsquo;est du pauvre folklore, un folklore qui en d&eacute;saccord avec tout ce que les Evangiles et les Actes nous disent d&rsquo;une mani&egrave;re tellement juste et sobre. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> La deuxi&egrave;me chose dont il a fallu se d&eacute;barrasser, c&rsquo;est qu&rsquo;au fond l&rsquo;Ascension c&rsquo;&eacute;tait quand m&ecirc;me un peu triste. Il y avait bien la promesse de l&rsquo;Esprit Saint, mais &ccedil;a c&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;annonce du r&eacute;gime ordinaire de la foi chr&eacute;tienne. Mais la merveilleuse pr&eacute;sence de J&eacute;sus lui-m&ecirc;me, c&rsquo;&eacute;tait fini ! L&rsquo;Ascension c&rsquo;&eacute;tait son d&eacute;part, en signe de quoi d&rsquo;ailleurs on &eacute;teignait le cierge pascal. Et ma pauvre maman avait eu un peu de mal &agrave; se d&eacute;p&ecirc;trer de ma question d&rsquo;enfant : &laquo; mais alors si J&eacute;sus part, pourquoi c&rsquo;est pas un jour triste ? &raquo; </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Voyez ! du danger qu&rsquo;il y a &agrave; laisser l&rsquo;anecdote ou l&rsquo;imaginaire envahir la r&eacute;v&eacute;lation des choses de Dieu alors que les r&eacute;cits authentiques sont si simples et si discrets : &laquo; A ces mots sous leurs yeux il s&rsquo;&eacute;leva, et une nu&eacute;e vint les d&eacute;rober &agrave; leurs regards. &raquo; Et Luc d&rsquo;ajouter la r&eacute;action des disciples : &laquo; Eux, apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre prostern&eacute;s devant lui retourn&egrave;rent &agrave; J&eacute;rusalem pleins de joie. &raquo; </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> L&rsquo;Ecriture et la liturgie nous invitent &agrave; une rectification et &agrave; une purification du regard de la foi. D&eacute;j&agrave; la r&eacute;surrection demandait &agrave; &ecirc;tre regard&eacute;e avec les yeux de la foi, avec les yeux des premiers t&eacute;moins de la foi. Bien s&ucirc;r qu&rsquo;il y a une note de fra&icirc;cheur, quelque chose de printanier dans les r&eacute;cits des apparitions de J&eacute;sus ressuscit&eacute;. Mais nous risquons souvent de les enjoliver de notre imagination. Nous les avons sans doute souvent imagin&eacute;es comme de merveilleuses retrouvailles amicales o&ugrave; les disciples ont eu la satisfaction et la joie de vivre &agrave; nouveau la vie de tous les jours avec le Ma&icirc;tre, de l&rsquo;avoir avec eux, de le faire parler, de se faire expliquer mille et mille choses. Nous en avons fait un peu un voyage au pays des merveilles. Alors que si nous faisons vraiment attention au donn&eacute; r&eacute;v&eacute;l&eacute;, ce n&rsquo;est pas le pays des merveilles, c&rsquo;est l&rsquo;&eacute;cole de la foi. A Marie Madeleine, qui veut le retenir, qui, au fond, veut revenir &agrave; l&rsquo;exp&eacute;rience du J&eacute;sus terrestre, Celui-ci apprend qu&rsquo;elle doit entrer dans un nouveau type de relations avec lui : il n&rsquo;y a pas &agrave; cultiver une nostalgie, il y a &agrave; communier par l&rsquo;esprit et le c&oelig;ur avec Celui qui d&eacute;sormais est aupr&egrave;s du P&egrave;re. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> A Emma&uuml;s, J&eacute;sus dispara&icirc;t subitement au moment de l&rsquo;&eacute;motion, au moment de ce qui allait &ecirc;tre un &eacute;blouissement ; et les deux disciples, et l&rsquo;Eglise derri&egrave;re eux, comprennent que nous ne serons plus en contact avec J&eacute;sus que par la m&eacute;ditation des Ecritures, et la fraction du pain&hellip; </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Dans les autres apparitions, il se donne &agrave; reconna&icirc;tre : il faut qu&rsquo;il n&rsquo;y ait aucun doute sur son identit&eacute;. C&rsquo;est bien lui J&eacute;sus qu&rsquo;ils ont XXXXX, qu&rsquo;ils ont vu et su mort, et qui est vivant. C&rsquo;est bien lui, ce n&rsquo;est pas un autre &ndash; mais il leur donne la paix, sa paix&hellip; et il leur &eacute;chappe, il n&rsquo;est plus dans les circuits terrestres. Il leur appara&icirc;t, mais ce n&rsquo;est pas pour les consoler, ni pour leur faire plaisir. C&rsquo;est pour les envoyer en mission &ndash; leur donner le pouvoir de remettre les p&eacute;ch&eacute;s et leur assurer qu&rsquo;ils auront pour cela une force d&rsquo;en haut, un Esprit nouveau qui les guidera les assistera les fortifiera. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> C&rsquo;est la foi des ap&ocirc;tres que nous avons &agrave; recevoir aujourd&rsquo;hui, la foi des ap&ocirc;tres qui justement ont &eacute;t&eacute; entre P&acirc;ques et Pentec&ocirc;te &agrave; cette rude &eacute;cole de la foi. Il leur a fallu &ndash; comme &agrave; nous tous &ndash; une lente gu&eacute;rison du c&oelig;ur ; on voit qu&rsquo;ils ne sont pas venus &agrave; la foi pleine et enti&egrave;re d&rsquo;un seul coup &ndash; leurs doutes n&rsquo;ont &eacute;t&eacute; dissip&eacute;s que peu &agrave; peu. J&eacute;sus le leur rappelle encore jusqu&rsquo;au tout dernier moment. Mais quand, avec l&rsquo;aide de l&rsquo;Eglise et, de leur c&ocirc;t&eacute; avec une grande confiance et ouverture de c&oelig;ur, ils sont entr&eacute;s dans le vrai sens des choses, voici ce qu&rsquo;ils ont annonc&eacute;, et ce dont d&rsquo;abord ils ont eux aussi v&eacute;cu : &laquo; Que la maison d&rsquo;Isra&euml;l le sache, que le monde entier le sache : ce J&eacute;sus que vous, vous avez crucifi&eacute;, Dieu l&rsquo;a fait Seigneur et Christ. &raquo; </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Ce que nous avons v&eacute;cu et exp&eacute;riment&eacute;, proclament les ap&ocirc;tres, ce n&rsquo;est pas un petit bout de vacances en Galil&eacute;e avec un &ecirc;tre merveilleux qui a bien fini par devoir s&rsquo;en aller&hellip; Ce que nous avons vu et exp&eacute;riment&eacute;, c&rsquo;est que J&eacute;sus est vivant, que Dieu est fid&egrave;le et v&eacute;ridique, et qu&rsquo;il n&rsquo;a pas abandonn&eacute; son envoy&eacute; au bon plaisir de ses adversaires et au pouvoir de la mort. Ce que nous avons connu et exp&eacute;riment&eacute;, c&rsquo;est que nous ne nous sommes pas tromp&eacute;s de Messie. Il est vivant, non plus pour vivre dans la quotidiennet&eacute; et le compagnonnage terrestre comme au temps o&ugrave;, quand il &eacute;tait &agrave; Nazareth il n&rsquo;&eacute;tait pas &agrave; J&eacute;rusalem, comme au temps o&ugrave; quand il &eacute;tait &agrave; J&eacute;richo il n&rsquo;&eacute;tait pas &agrave; C&eacute;sar&eacute;e. Il est vivant sup&eacute;rieurement. Dieu l&rsquo;a fait Christ, il l&rsquo;a consacr&eacute; Christ, et il l&rsquo;a fait Seigneur, c&rsquo;est-&agrave;-dire il l&rsquo;a attir&eacute; dans son monde de Dieu et dans son omnipr&eacute;sence &agrave; notre monde &agrave; nous. Dieu a re&ccedil;u en offrande sa mort, et il a b&eacute;ni sa mort et lui a donn&eacute; le sens d&rsquo;un formidable rebondissement dans la vie. Dieu l&rsquo;a, &agrave; jamais, rendu pr&eacute;sent &agrave; tout. Dieu fid&egrave;le nous a &agrave; jamais unis &agrave; Lui, il a branch&eacute; notre vie sur la sienne. Et donc J&eacute;sus ne vient pas de partir, il vient d&rsquo;arriver, ou comme il le disait, il vient de revenir. Il ne nous a pas donn&eacute; quelques petites et vaines consolations, il s&rsquo;est fait la substance et le pain de notre vie. Et de m&ecirc;me que le proph&egrave;te Elie, dans la force du pain re&ccedil;u, marcha jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;Horeb, nous, dans la force de ce pain, nous pouvons aller jusqu&rsquo;aux extr&eacute;mit&eacute;s de la terre et jusqu&rsquo;&agrave; la fin des temps. Car il a dit : &laquo; Je suis avec vous jusqu&rsquo;&agrave; la fin du monde. &raquo; </p><div align="justify" style="text-align: justify;">      </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Et ils comprennent de mieux en mieux, les ap&ocirc;tres, qu&rsquo;ils ont &eacute;t&eacute; les t&eacute;moins d&rsquo;une aventure inou&iuml;e et unique au monde <br />Dieu qui s&rsquo;est fait homme parmi les hommes<br />Dieu qui a visit&eacute; personnellement son peuple<br />Dieu qui pour se faire entendre, pour se faire comprendre, a pour un temps occult&eacute; sa gloire et renonc&eacute; &agrave; faire valoir ses droits<br />Dieu qui s&rsquo;est an&eacute;anti en se laissant &eacute;craser par le mal du monde<br />Dieu qui a montr&eacute; qu&rsquo;il &eacute;tait fid&egrave;le et cons&eacute;quent. Il a exalt&eacute; son Fils, il lui a donn&eacute; la gloire que ce Fils avait aupr&egrave;s de lui avant m&ecirc;me la fondation du monde. Et &agrave; travers ce Fils, par l&rsquo;Esprit que son d&eacute;part sensible a lib&eacute;r&eacute;, il nous a attir&eacute;s &agrave; lui. La puissance que le P&egrave;re a d&eacute;ploy&eacute;e en lui, en le ressuscitant et en l&rsquo;exaltant pr&egrave;s de lui, cette puissance est d&eacute;sormais active en nous, car les pauvres &ecirc;tres que nous sommes sont d&eacute;sormais les membres du Corps immense dont J&eacute;sus est la t&ecirc;te. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> S&oelig;urs et fr&egrave;res, si notre foi est vraiment la foi chr&eacute;tienne, si c&rsquo;est la foi des ap&ocirc;tres, ce jour n&rsquo;est pas le jour du d&eacute;part du Christ, c&rsquo;est le jour de sa pr&eacute;sence. C&rsquo;est le jour de la fid&eacute;lit&eacute; de Dieu, c&rsquo;est le jour de l&rsquo;esp&eacute;rance et du dynamisme le plus profond de notre vie. C&rsquo;est le jour de sa f&ecirc;te &agrave; lui : &laquo; si vous m&rsquo;aimiez, vous vous r&eacute;jouiriez de ce que je m&rsquo;en vais. &raquo; C&rsquo;est le jour de notre f&ecirc;te &agrave; nous : &laquo; car je veux que l&agrave; o&ugrave; je suis, vous soyez aussi. &raquo; </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Alors laissons de c&ocirc;t&eacute; tous les enseignements mi&egrave;vres ou d&eacute;natur&eacute;s, et entrons de tout c&oelig;ur dans la grande vision et dans la grande pri&egrave;re de l&rsquo;Eglise : </p><div align="justify" style="text-align: justify;">  </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Dieu qui &eacute;l&egrave;ves le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous &agrave; la joie et &agrave; l&rsquo;action de gr&acirc;ces car l&rsquo;Ascension du Christ est d&eacute;j&agrave; notre victoire : nous sommes les membres de son Corps, il nous a pr&eacute;c&eacute;d&eacute; dans la gloire aupr&egrave;s de Toi, et c&rsquo;est l&agrave; que nous vivons en esp&eacute;rance ! Amen. </p> <p align="right" style="text-align: right;"><em> fr&egrave;re Thomas Patfoort, o.p. </em></p>]]></content></entry><entry><title>dimanche 20 avril 2008, cinquième dimanche de Pâques - Prédication du fr. Joseph de Naurois</title><id>http://www.le222.org/predications-du-222/2008/4/23/dimanche-20-avril-2008-cinquieme-dimanche-de-paques-predicat.html</id><link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.le222.org/predications-du-222/2008/4/23/dimanche-20-avril-2008-cinquieme-dimanche-de-paques-predicat.html"/><author><name>Thierry-Marie</name></author><published>2008-04-23T16:02:14Z</published><updated>2008-04-23T16:02:14Z</updated><content type="html" xml:lang="fr-FR"><![CDATA[<a href="http://www.le222.org/predications-du-222/2008/4/7/dimanche-6-avril-2008-troisieme-dimanche-de-paques-predicati.html"> </a> <p align="justify" style="text-align: justify;">Comme Thomas, comme Philippe, nous nous posons des questions. Comme eux, nous trouvons une r&eacute;ponse dans la parole de Dieu, dans la parole de J&eacute;sus. La r&eacute;ponse de J&eacute;sus &agrave; la demande de Philippe nous laisse entrevoir le myst&egrave;re de l&rsquo;amour divin. Sa r&eacute;ponse &agrave; Thomas nous assure que nous sommes concern&eacute;s par ce myst&egrave;re de l&rsquo;amour divin. Ces r&eacute;ponses, sur le moment, est-ce qu&rsquo;ils les ont comprises ? Non. Il leur a fallu l&rsquo;effusion de l&rsquo;Esprit, &agrave; la Pentec&ocirc;te. Comme eux, nous avons besoin que l&rsquo;Esprit-Saint nous les rappelle et nous en &eacute;claire le sens.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">1 &ndash; La r&eacute;ponse de J&eacute;sus &agrave; la demande de Philippe nous laisse entrevoir le myst&egrave;re de l&rsquo;amour divin. &laquo; Tu ne crois donc pas que je suis dans le P&egrave;re, et que le P&egrave;re est en moi ? &raquo;. R&eacute;alit&eacute; insondable de l&rsquo;union, de la communion d&rsquo;amour entre le P&egrave;re et le Fils, dans l&rsquo;Esprit.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Saint Augustin l&rsquo;exprime par cette formule si simple : &laquo; Ils sont trois qui ne font qu&rsquo;un : Il y a l&rsquo;aimant ; il y a l&rsquo;aim&eacute; ; il y a l&rsquo;amour. L&rsquo;aimant qui est le P&egrave;re. L&rsquo;aim&eacute; qui est le Fils. L&rsquo;amour qui est l&rsquo;Esprit &raquo;.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">La vie de J&eacute;sus &eacute;tait une communion existentielle avec Dieu son P&egrave;re. Sa mort fut un acte d&rsquo;amour. Au cours de la derni&egrave;re C&egrave;ne, il a anticip&eacute; sa mort. Il l&rsquo;a transform&eacute;e en don de soi. Sa r&eacute;surrection fut comme une explosion de la vie, de la lumi&egrave;re, de l&rsquo;amour. Myst&egrave;re de l&rsquo;amour ! Puissance de l&rsquo;amour ! Que dire de plus ? Un de nos fr&egrave;res, nous pr&ecirc;chant notre retraite du car&ecirc;me, l&rsquo;a commenc&eacute;e en d&eacute;clarant : &laquo; Je ne crois pas &agrave; la r&eacute;surrection ! Je suis incapable de vous l&rsquo;expliquer. Mais je crois au Ressuscit&eacute; ! &raquo;.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">2 &ndash; Maintenant, la r&eacute;ponse de J&eacute;sus &agrave; la question de Thomas. Elle nous assure que nous sommes concern&eacute;s par ce myst&egrave;re de l&rsquo;amour divin.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Nous pouvons nous demander : la r&eacute;surrection de J&eacute;sus, c&rsquo;est un &eacute;v&egrave;nement du pass&eacute;. En quoi nous concerne-t-il ? En quoi nous int&eacute;resse-t-il ?</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Il nous concerne, il nous int&eacute;resse, parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une &eacute;tape dans l&rsquo;histoire de la vie, histoire dans laquelle nous sommes engag&eacute;s. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Les physiciens nous expliquent que la formation de notre plan&egrave;te, dans l&rsquo;immensit&eacute; de cet univers en expansion, ce fut un &eacute;v&egrave;nement incroyable. De m&ecirc;me, la premi&egrave;re apparition de la vie ; l&rsquo;inclinaison de la terre qui l&rsquo;a permise. Puis, la vie v&eacute;g&eacute;tale, puis la vie animale, puis la vie de l&rsquo;esprit. La r&eacute;surrection du Christ inscrit une nouvelle avanc&eacute;e dans cette histoire de la vie, dans notre histoire.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Pour les croyants, ces &eacute;tapes, ces passages, sont autant de signes de l&rsquo;amour du cr&eacute;ateur. A ce propos, il est bon de se rappeler que la Bible n&rsquo;est pas un livre scientifique. C&rsquo;est un livre qui donne le sens. Dans notre lecture des chapitres de la Gen&egrave;se, c&rsquo;est le sens qui nous int&eacute;resse.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Le po&egrave;te mystique, auteur des psaumes, nous invite &agrave; partager son admiration, son &eacute;merveillement, sa reconnaissance : &laquo; Criez de joie pour le Seigneur, chantez, jouez pour lui ! La terre est remplie de son amour ! &raquo;</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Pour &eacute;clairer le myst&egrave;re de notre origine, celui de notre destin&eacute;e, J&eacute;sus nous r&eacute;pond, comme &agrave; Thomas : &laquo; Moi, je suis le Chemin, la V&eacute;rit&eacute; et la Vie &raquo;. Dans ce &laquo; Je Suis &raquo;, nous reconnaissons la r&eacute;v&eacute;lation du nom divin &agrave; Mo&iuml;se. Pour nous, J&eacute;sus n&rsquo;est pas un personnage du pass&eacute;. Il est vivant, il nous conduit, comme il conduisait ses disciples sur la route vers sa Passion et sa r&eacute;surrection, jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;envoi &agrave; travers le monde.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"><em>Conclusion.</em> Dans sa premi&egrave;re Lettre, saint Pierre &eacute;crit : &laquo; Vous &ecirc;tes le peuple qui appartient &agrave; Dieu. Vous &ecirc;tes charg&eacute;s d&rsquo;annoncer les merveilles de celui qui vous a appel&eacute;s des t&eacute;n&egrave;bres &agrave; son admirable lumi&egrave;re&hellip; soyez des pierres vivantes ! &raquo;.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">Oui, la premi&egrave;re cr&eacute;ation &eacute;tait bonne. La r&eacute;surrection de J&eacute;sus, c&rsquo;est la victoire sur le mal, sur la mort. Cette victoire, et la force pour le combat, elle nous est communiqu&eacute;e au bapt&ecirc;me, &agrave; chaque eucharistie, &agrave; chacun des sacrements que nous recevons. Voil&agrave; les merveilles de l&rsquo;amour divin ! Que l&rsquo;Esprit-Saint nous donne d&rsquo;y croire, d&rsquo;en vivre, de le dire, comme il l&rsquo;a fait pour Thomas, pour Philippe, pour tous les autres. Amen.</p> <p align="right" style="text-align: right;"><em>fr. Joseph de Naurois, o.p.</em></p> <a href="http://www.le222.org/predications-du-222/2008/4/7/dimanche-6-avril-2008-troisieme-dimanche-de-paques-predicati.html"><br /></a>]]></content></entry><entry><title>dimanche 13 avril 2008, quatrième dimanche de Pâques - Prédication du fr. Philippe Verdin</title><id>http://www.le222.org/predications-du-222/2008/4/20/dimanche-13-avril-2008-quatrieme-dimanche-de-paques-predicat.html</id><link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.le222.org/predications-du-222/2008/4/20/dimanche-13-avril-2008-quatrieme-dimanche-de-paques-predicat.html"/><author><name>Thierry-Marie</name></author><published>2008-04-20T13:19:50Z</published><updated>2008-04-20T13:19:50Z</updated><content type="html" xml:lang="fr-FR"><![CDATA[<p><strong> &laquo; Je suis la porte &raquo; </strong></p>  <p align="justify" style="text-align: justify;"> On parle volontiers de la sagesse que contiennent les Evangiles. On parle du Livre de Vie. On parle de la Loi et de l&rsquo;Esprit. On &eacute;voque peu la splendeur du texte litt&eacute;raire. Nous sommes habitu&eacute;s &agrave; ces images somptueuses, inattendues, originales qui forment le tissu des Evangiles. On oublie le g&eacute;nie litt&eacute;raire et po&eacute;tique de la Bible. Or la composition subtile ou flamboyante, le choix des mots, la tournure des phrases, le rythme du r&eacute;cit font partie de la R&eacute;v&eacute;lation. Le style de la Bible, au gr&egrave;s des livres, nous r&eacute;v&egrave;le quelque chose du visage de Dieu. Le style de l&rsquo;Evangile participe &agrave; notre connaissance de Dieu. Le style de l&rsquo;Evangile, c&rsquo;est l&rsquo;incarnation du Verbe dans les lettres, dans les mots, dans les phrases, dans les tournures. Le style litt&eacute;raire de l&rsquo;Evangile s&rsquo;adapte aux &eacute;v&eacute;nements racont&eacute;s. Le style de l&rsquo;Evangile traduit le message que Dieu nous adresse. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Dans les jours de la Passion, le style de l&rsquo;Evangile &eacute;tait laborieux, lent, lourd comme la croix, sombre comme le soleil voil&eacute;, gris comme notre peine. En ces jours de P&acirc;ques, le style de l&rsquo;Evangile est devenu vif, guilleret et joyeux. Ca bouge, &ccedil;a court, &ccedil;a se jette &agrave; l&rsquo;eau, &ccedil;a respire l&rsquo;audace, &ccedil;a exhale l&rsquo;esp&eacute;rance et la lumi&egrave;re. Dieu est l&agrave;. Il a vaincu la mort. Il est proche, amical, rassurant. Il encourage. Et aujourd&rsquo;hui, J&eacute;sus nous montre &agrave; nouveau sa tendresse, sa bienveillance, sa g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; : &laquo; Je suis venu pour que vous ayez la vie. Pas une vie terne, banale, ratiocinante. Une vie d&eacute;bordante &raquo;. C&rsquo;est l&rsquo;image du bon berger et de ses brebis. Image classique de l&rsquo;Evangile, et aussi de l&rsquo;Ancien testament. Dieu est le bon berger dans les psaumes, chez le proph&egrave;te Isa&iuml;e, chez le proph&egrave;te Os&eacute;e, chez le proph&egrave;te Mich&eacute;e. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Pour nous faire comprendre qui il est, J&eacute;sus emprunte des images, use d&rsquo;analogies, utilise des comparaisons. Quitte &agrave; provoquer de curieux paradoxes : J&eacute;sus est le berger. Mais J&eacute;sus est aussi l&rsquo;agneau. Quitte &agrave; trouver des images d&eacute;routantes : Il se compare, &agrave; une poule, chez St Matthieu. Vous imaginez si au lieu de repr&eacute;senter un agneau sur la porte des tabernacles dans les &eacute;glises ont avait dessin&eacute; ou sculpt&eacute; une poule ! Quand il se compare &agrave; une poule, J&eacute;sus veut signifier la m&ecirc;me chose que ce qu&rsquo;il nous enseigne dans l&rsquo;Evangile d&rsquo;aujourd&rsquo;hui : &laquo; J&eacute;rusalem, J&eacute;rusalem, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants &agrave; la mani&egrave;re d&rsquo;une poule qui rassemble ses poussins sous ses ailes ! &raquo; Comme les poussins suivent la poule dans la basse-cour, comme les poussins se rassemblent en piaillant sous les ailes de la m&egrave;re poule, ainsi les brebis suivent le bon berger, ainsi les brebis se rassemblent autour du berger quand surviennent le loup, le voleur ou le bandit. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Le bon berger appelle chaque brebis par son nom. J&eacute;sus nous conna&icirc;t bien. J&eacute;sus conna&icirc;t chacun d&rsquo;entre nous. Il nous appelle par notre nom. Et nous le reconnaissons au son de sa voix, comme Marie-Madeleine a reconnu J&eacute;sus, au matin de la R&eacute;surrection, lorsque le Rabbi l&rsquo;a appel&eacute; par son pr&eacute;nom. Il peut venir le faux proph&egrave;te, le diable, le menteur avec sa voix doucereuse et l&eacute;nifiante. Il peut se d&eacute;guiser, le loup du petit chaperon rouge. Il peut mettre le bonnet de nuit de la grand m&egrave;re. Mais la brebis dresse l&rsquo;oreille. Elle se m&eacute;fie. Ce n&rsquo;est pas la voix franche et tendre du ma&icirc;tre. C&rsquo;est la voix de l&rsquo;&eacute;gorgeur. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> J&eacute;sus est une poule. J&eacute;sus est le bon berger. J&eacute;sus est la porte. J&eacute;sus est la sublime porte. Tous ceux qui veulent conna&icirc;tre Dieu doivent passer par lui. Il est le chemin, il est la porte. Pas le porche somptueux. La porte &eacute;troite. Pour entrer dans le Saint S&eacute;pulcre &agrave; J&eacute;rusalem, il faut baisser la t&ecirc;te. La porte est petite et basse. La porte qu&rsquo;ont d&eacute;daign&eacute; les architectes est devenue la porte du Royaume. Et cette humble porte n&rsquo;ouvre pas sur une bergerie sombre qui sent le crottin, qui pue le musc, qui transpire la promiscuit&eacute; : &laquo; Si quelqu&rsquo;un entre en passant par moi, il pourra aller et venir. Il trouvera un p&acirc;turage. &raquo; J&eacute;sus est la porte d&rsquo;un vaste jardin joyeux et parfum&eacute;e &eacute;crit Sainte Catherine de Sienne. J&eacute;sus est la porte de la vie. De l&rsquo;ext&eacute;rieur l&rsquo;Eglise peut appara&icirc;tre comme une bergerie close, o&ugrave; il faut montrer patte blanche, un club confin&eacute;, avec des gardiens soup&ccedil;onneux et parcimonieux. J&eacute;sus nous rappelle que l&rsquo;Eglise est un pr&eacute; d&rsquo;herbe fra&icirc;che, sem&eacute; de muguet, sous les branches de lilas. Ce ne sont pas les cur&eacute;s qui sont les gardiens de la porte. C&rsquo;est le Christ. Il laisse entrer qui il veut. Les brebis ne se choisissent pas. Il n&rsquo;y a pas de cooptation dans l&rsquo;Eglise, comme dans un conseil d&rsquo;administration. Les brebis forment un troupeau disparate, avec des gros et de maigrelets, avec des toisons &eacute;paisses et des tondus, avec des noirs et des immacul&eacute;s, avec des pusillanimes et des audacieux. L&rsquo;Eglise, c&rsquo;est nous. </p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;"> Accueillons dans nos vies cette tendresse de Dieu. Acceptons l&rsquo;invitation de J&eacute;sus &agrave; entrer par la porte &eacute;troite. Laissons la joie et l&rsquo;all&eacute;gresse des retrouvailles remplir notre c&oelig;ur : celui qu&rsquo;on croyait mort reprend la t&ecirc;te de son troupeau. Il ne nous abandonne jamais. Il ne nous laisse pas orphelins, d&eacute;rout&eacute;s, perdus dans la nuit. Reconnaissons notre guide et notre pasteur. Ecoutons sa voix. Suivons notre m&egrave;re poule qui donne sa vie pour les poussins que nous sommes. Suivons le vrai berger qui conna&icirc;t chaque brebis par son nom. En ce dimanche des vocations, entendons la voix du pasteur qui parle comme jamais personne n&rsquo;a parl&eacute;. Ecoutons cette voix famili&egrave;re. Laissons nous guider dans la confiance. Broutons l&rsquo;herbe fra&icirc;che de la Parole Dieu. Mangeons l&rsquo;agneau. Recevons dans l&rsquo;action de gr&acirc;ce le corps du Christ.</p><p align="right" style="text-align: right;"><em>fr. Philippe Verdin</em>&nbsp;</p>]]></content></entry><entry><title>dimanche 6 avril 2008, troisième dimanche de Pâques - Prédication du fr. Jean-Claude Lavigne</title><id>http://www.le222.org/predications-du-222/2008/4/7/dimanche-6-avril-2008-troisieme-dimanche-de-paques-predicati.html</id><link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.le222.org/predications-du-222/2008/4/7/dimanche-6-avril-2008-troisieme-dimanche-de-paques-predicati.html"/><author><name>Thierry-Marie</name></author><published>2008-04-07T07:20:36Z</published><updated>2008-04-07T07:20:36Z</updated><content type="html" xml:lang="fr-FR"><![CDATA[<p>A l&rsquo;instant m&ecirc;me ils se lev&egrave;rent et retourn&egrave;rent &agrave; J&eacute;rusalem.</p> <p>Un mouvement vif et un changement radical dans leurs projets et leur existence. Et le texte bascule. Tout cela pour une seule raison : l&rsquo;exp&eacute;rience d&rsquo;un c&oelig;ur qui br&ucirc;lait. C&rsquo;est &agrave; cette br&ucirc;lure qu&rsquo;ils sont surs que c&rsquo;&eacute;tait lui le Seigneur et qu&rsquo;il &eacute;tait vivant alors qu&rsquo;ils le croyaient mort et qu&rsquo;ils s&rsquo;en allaient profond&eacute;ment d&eacute;&ccedil;us. </p> <p>Le c&oelig;ur de Cl&eacute;ophas et celui de son ami sont devenus le lieu o&ugrave; Dieu se fait reconna&icirc;tre par le feu qui ressemble au buisson ardent o&ugrave; Dieu dit son nom &agrave; Moise. Feu qui dit la fois une pr&eacute;sence aimante, une parole fraternelle et une connaissance du sens profond des &eacute;critures. Le c&oelig;ur est un lieu si intime qu&rsquo;il ne peut porter qu&rsquo;un signe subjectif, incommunicable en dehors du groupe des disciples, signe fragile pour les chasseurs de preuves...mais n&rsquo;en est-il pas toujours ainsi quand Dieu parle ? C&rsquo;est donc sur ce trouble cardiaque que les disciples osent retourner &agrave; J&eacute;rusalem, ville qu&rsquo;ils avaient fuit en tournant le dos &agrave; l&rsquo;utopie &agrave; laquelle ils avaient cru et qui les laisse maintenant en d&eacute;sarroi, doutant de tout et m&ecirc;me des discours de leurs compagnes et de Pierre.</p> <p>Et nous quant est-il de notre c&oelig;ur ? Non pas une question au cardiologue ou simple question de sentiment mais une question vitale. Le c&oelig;ur est le symbole de la vie. Notre vie est-elle br&ucirc;lante, parfois, un peu, beaucoup&hellip;. Br&ucirc;lante c&rsquo;est &agrave; dire intense, ce qui est le contraire d&rsquo;agit&eacute;e. Intense parce que nous la vivrons avec le Christ comme compagnon et chaque fois que nous aurons le bonheur d&rsquo;&ecirc;tre conscients de sa pr&eacute;sence &agrave; nos c&ocirc;t&eacute;s la vie aura go&ucirc;t d&rsquo;&eacute;ternit&eacute;.</p> <p>Nous ferons alors avec Lui un triple parcours, ou plut&ocirc;t un parcours &agrave; trois dimensions qui sont ins&eacute;parables. C&rsquo;est cette multiplicit&eacute; qu&rsquo;engendre le feu des c&oelig;urs et &agrave; laquelle on ne doit pas r&eacute;sister.</p> <p>1&deg; parcours : la relecture de nos vies &agrave; travers la parole. C&rsquo;est ce que J&eacute;sus fait avec Cl&eacute;ophas et son ami en partant de Moise et des proph&egrave;tes pour expliquer le sens des &eacute;v&eacute;nements et que nous sommes invit&eacute;s &agrave; faire &agrave; notre tour. Lire non pas pour &ecirc;tre savants mais pour &ecirc;tre vivants. Relire nos &eacute;preuves et nos enthousiasmes, nos d&eacute;sirs d&rsquo;&ecirc;tre g&eacute;n&eacute;reux et nos prudences timor&eacute;es, nos larmes coupables et nos all&eacute;luias de r&eacute;ussite en les confrontant &agrave; la Bonne Nouvelle, &agrave; l&rsquo;appel &agrave; suivre le Christ, &agrave; l&rsquo;insistance mise sur le pardon &agrave; donner et &agrave; savoir demander. Relire pour comprendre notre vocation et ses exigences quotidiennes non pour &ecirc;tre parfaits ou &eacute;cras&eacute;s par l&rsquo;&eacute;chec mais pour d&eacute;couvrir la sollicitude de Dieu, la douceur de son amiti&eacute; et la force de recommencer qui vient de lui, exp&eacute;rience de R&eacute;surrection qui nous sauve du non sens. Lire sa vie et lire la parole dans un m&ecirc;me mouvement qui devient fertile, conversion, plaisir d&rsquo;&ecirc;tre disciples et m&ecirc;me amis, fils et filles de Dieu puisque telle est l&rsquo;audace &agrave; laquelle nous invite le message de J&eacute;sus rapport&eacute; dans l&rsquo;Evangile.</p> <p> 2&deg; parcours : oser retourner &agrave; J&eacute;rusalem c'est-&agrave;-dire au lieu de nos peurs, au lieu o&ugrave; la mort a pr&eacute;tendu r&eacute;gner et imposer sa v&eacute;rit&eacute;. J&eacute;rusalem comme le lieu de la Croix et de l&rsquo;effondrement des r&ecirc;veries na&iuml;ves, de nos &eacute;checs. La pr&eacute;sence vivifiante du Christ nous aide &agrave; ne pas fuir les difficult&eacute;s (elle ne les abolit pas) et en cela elle est semence d&rsquo;audace au c&oelig;ur m&ecirc;me de nos fragilit&eacute;s. Revenir &agrave; J&eacute;rusalem c&rsquo;est revenir sur nos l&acirc;chet&eacute;s et relever les yeux sans honte, c&rsquo;est s&rsquo;engager &agrave; faire la v&eacute;rit&eacute;. Oser un changement de direction dans nos mani&egrave;res d&rsquo;&ecirc;tre et de faire, oser d&eacute;passer les barri&egrave;res qui nous prot&eacute;geaient et nous rendaient indiff&eacute;rents. Revenir &agrave; J&eacute;rusalem, c&rsquo;est accepter de reprendre et de recommencer, c&rsquo;est refuser qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas d&rsquo;avenir et c&rsquo;est croire que la mort et nos flirts avec elle n&rsquo;aura pas le dernier mot. </p> <p align="justify" style="text-align: justify;">3&deg; parcours : celui de la rencontre des fr&egrave;res. J&eacute;sus rencontre les disciples qui vont &agrave; Emma&uuml;s et ces derniers vont retrouver leurs fr&egrave;res &agrave; J&eacute;rusalem. La rencontre du fr&egrave;re comme &eacute;preuve de v&eacute;rit&eacute; de nos discours pieux, comme v&eacute;rification de la r&eacute;alit&eacute; de l&rsquo;amour dont nos pr&eacute;tendons vivre, mais aussi moment de joie simple &agrave; partager. La foi en Christ ressuscit&eacute; nous pousse vers l&rsquo;autre y compris celui que spontan&eacute;ment nous ne voulons pas voir, auquel nous ne faisons pas spontan&eacute;ment confiance, et que nous accusons d&rsquo;avoir tous les tords. La rencontre qui est c&eacute;l&eacute;br&eacute;e &agrave; Emma&uuml;s nous invite &agrave; inscrire dans notre quotidien l&rsquo;a priori de l&rsquo;accueil et l&rsquo;hospitalit&eacute;. Faire de l&rsquo;accueil, et en particulier de ceux qui nous sont les plus &eacute;trangers, une mani&egrave;re d&rsquo;&ecirc;tre et de vivre&hellip; Choisir aussi d&rsquo;accueillir le Christ, dans nos d&eacute;bats et nos silences, et se laisser invit&eacute;s par lui comme par un ami.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="justify" style="text-align: justify;">C&rsquo;est peut-&ecirc;tre parce que ces parcours sont multiples qu&rsquo;il nous faut un c&oelig;ur solide, mais avoir un tel c&oelig;ur n&rsquo;est pas en notre pouvoir, c&rsquo;est un don renouvel&eacute; par chaque accueil que nous faisons joyeusement du Christ. Alors puissions-nous dire pour chacune de nos histoires et nos histoires communautaires : Reste avec nous Seigneur, il se fait tard et le jour baisse. Alors il nous dira, comme le sugg&egrave;re le livre des Actes des ap&ocirc;tres, re&ccedil;ois l&rsquo;Esprit Saint, c&rsquo;est ce que vous verrez et entendrez.</p><div align="justify" style="text-align: justify;"> </div><p align="right" style="text-align: right;"><em> fr. JC Lavigne, op</em></p>]]></content></entry></feed>